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Une vie rêvée...

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Une vie rêvée?

 

"...Je suis tortue et je suis belle
                 Il ne me manque que des ailes
                            Pour imiter les hirondelles..."
                                                                      Desnos


                                                

Mardi 7 février 2006
Question qui m'est venue aujourd'hui suite à de nombreuses réflexions entendues ces dernières jours. J'ai longtemps pensé qu'être heureux, c'était un ressenti quotidien. pour moi, ça tient à des petites choses, des petits plaisirs mais c'est jamais vraiment atteint. En tout cas, ça ne se mesure ni à un certain niveau de salaire, à une distance domicile-boulot ou autres.La répétition des mêmes choses, mêmes relations, des mêmes problèmes a-t-elle tendance à réduire toute idée du bonheur? Je parle du sentiment que l'on peut avoir d'être bien, même si ça dure peu, surtout si ça dure peu. J'ai eu un peu cette impression récemment, que l'idée d'un engagement dans un quotidien trop...quotidien m'attristait vraiment. Au point que je me suis immédaitement mise à élaborer des projets comme si cet avenir ne devait être que précaire que pour être rassurant.[en ces durs temps de  projet de CPE, je distingue la précarité dont je parle  qui s'assimile plus à un état provisoire choisi et non celle imposé par ce nouveau type de contrats...] Est-ce que la routine c'est juste refaire les mêmes choses ou est-ce plutôt avoir l'impression de tout faire pareil, un sentiment de subir les choses, de les voir déjà écrites sans que l'on puisse modifier leurs cours? J'ai encore l'impression de découvrir tout le temps, de voir des choses très différentes même sur le même chemin; est-ce que je risque de perdre ce regard sur les choses? Je me dis que ce regard justement est peut-être lié au tempérament optimiste ou pessimiste.Je suis plutôt du premier côté, il est vrai et ceci peut donc expliquer cela; affronter les situations en en tirant le côté positif, se lever le matin confiante (non pas réellement matériellement parlant) se disant que tout peut-être possible...Citation de Wolinsky : "ceux qui doutent de tout seront toujours oppressés par ceux qui ne doutent de rien" . Me vient l'idée que c'est pas forcément facile de passer au-delà de ses certitudes pour se laisser la place de la découverte, en fait. Quand on sait trop ce qui va se passer, quand il n'y a plus la surprise, on sait davantage où on va, on navigue moins à vue mais moi, a-priori, ça m'angoisse...
Suite dans quelques années.

 
Dimanche 29 janvier 2006
Rien de nouveau à l'ouest.
Ah si! Il neige. C'est beau, ça vous change une rue, un arbre, un toit. Ce matin, je suis allée me promener l'appareil photo dans le sac et on était plein comme moi. Promeneurs du matin, appareil photo en main pour saisir quelques belles images. Pour se souvenir de cet hiver rigoureux. "Mais oui, tu sais il avait neigé, même...Attends, je dois avoir quelques photos".
La neige, ça change les lieux familiers en nouveaux domaines à observer,découvrir, admirer. Hier, j'allais voir un concert et je me suis mise à rêver d'une tempête de neige qui m'empêcherait de rentrer chez moi. Contre la révolte des éléments, se retrouver à attendre un moment d'acalmie avec tout un tas de personnes ayant pour point commun d'être allé voir un artiste.
C'est marrant comme dans certains concerts, on se sent proches des gens qui sont venus. Là c'était un peu le cas. Aux toilettes des filles, on se souriait, comme si on se connaissait vaguement.
Je suis toujours malade. Je broie du noir. Ma "maladie" est sans doute psycho somatique. Je sens que j'ai pas le moral même si je le rapproche pas d'une raison en particuliers mais d'un ensemble de petites choses. Manière, je prends des vitamines pour me booster et des comprimés aux plantes pour dormir. Là avec un peu de
chance, j'entame une neige-thérapie ,pourvu que ça dure. La neige recouvre tout.
Jeudi 19 janvier 2006
Entendue il y a pas longtemps sur France inter, une chronique raportant l'histoire de Marc Beltra, disparu depuis bientôt deux ans en Colombie. Peu de médiatisation autour de cette affaire mais un comité de soutien actif et une chanson à diffuser le jour de son anniversaire, interprétée par Clarika. J'ai été visiter le site internet, le blog. Marc Beltra était étudiant et avait 22 ans lors de sa disparition. Sur sa photo, son sourire, son visage m'ont semblés familiers. Il s'agit de ressemblances avec des copains. Disons qu'il aurait pu être l'undes miens...Alors, en attendant d'avoir de ses nouvelles, je voulais juste parler de lui maintenant. Donner de l'écho aux voix de ces amis, de sa famille.

http://marcbeltra.canalblog.com/    (j'arrive pas à le mettre en lien...)


Lundi 16 janvier 2006
Nuits sans sommeil, ou trop chaud ou trop froid.
Envie de me taper la tête contre les murs pour comprendre pourquoi j'ai si mal.
Je suis maladeuh, complètement maladeuh!
J'ai l'alcool triste, la maladie et la somnolence aussi. Je suis angoissée.
Un rien prend une proportion énorme dans ma tête.
Des scénarios catastrophes se répètent à l'infini.
J'ai sommeil.
Mal aux yeux.
Au dos.
Le bordel s'accumule et je l'enjambe.
Je suis maladeuh.
Vu le médecin ce matin.
Salle d'attente pleine.De gens, de microbes.
Je suis pas la seule à être maladeuh.
Je suis arrêtée deux jours.
Je sais pas si je serai payée.
Et c'est pas le moment de perdre des sous.
Snif.
Je tourne en rond.
J'écoute des chansons rigolotes.
Ou pas d'ailleurs? ("Christina" de Anaïs).
Jugeons plutôt :
"Oh l'enfoiré, m'annoncer ça comme ça de but en blanc,
J'sais même pas qui c'est, cette foutue Christina, cette pute en blanc"
[...]"J'dois être au bureau dans dix minutes, j'y serai pas à cause de cette pute,
Aïe! mon talon a foutu le camp et il pleut à torrent..."
Ou pas d'ailleurs.
 Est-ce que c'est le temps gris? l'hiver?
Qui me met le moral dans les chaussettes?
Apparté [ profitez des soldes pour renouveller stocks de chaussettes]
Si j'avais un amoureux, il me préparerait une soupe peut-être.
Je pourrais lui parler de mes cauchemars.
Le célibat, c'est pire quand on est maladeuh.



Dimanche 8 janvier 2006
La bouilloire siffla. Léanore se leva pour éteindre le gaz. Une demi-heure qu'il était parti et qu'elle se refaisait le scénario dans la tête. Pourquoi lui avoir dit qu'elle avait été ravie de bosser avec lui? Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire. Quand il lui avait dit " j'ai été ravi de faire ta connaissance en tout cas", c'était explicite. Ou non? L'eau versée sur le thé au goût russe gonfla les feuilles et libéra l'odeur de bergamote. Rémi et ses voyages. Rémi et sa bougeotte. Pas facile de bosser à ses côtés, d'éviter toute ambiguité dans les regards, la conversation. Non qu'elle soit amoureuse, Léanore connaissait cet état, cette chaleur qui l'envahissait, sa nervosité et les tremblements qui parfois la trahissaient. Ca avait été différent. Rémi, c'était l'inattendu mais espéré. Un peu comme un fantasme en fait. Partir à l'aventure à ses côtés, le suivre et vivre comme lui. Gagner sa vie et la dépenser en voyages, en rencontres. Voilà que Léanore réalisait qu'il avait été son idéal, celui qui la faisait rêver. La petite cuillère tinta contre les parois de la mug. Un idéal  dans lequel elle avait voulu se projetter. Les projestions tiennent parfois à peu de choses : des confidences échangées autour d'un café, une attitude, une part d'inconnu. Il venait de partir et elle aurait voulu se trouver dans sa voiture en ce moment. Elle but une dernière gorgée de thé.
Stéphane était chez lui. Il passerait le voir demain, il n'avait rien prévu d'autre, de toutes façons. Et après, on verrait bien. Il venait de finir un boulot, il avait de quoi vivre une semaine ou deux avant de travailler à nouveau. Il repensa à Léanore. La chaleur de ses regards, la lumière de son sourire. Il avait eu peu d'histoires avec des filles comme elle, calmes, sereines, sages. Quand il l'avait vu, elle ne lui avait pas vraiment plu. Mais il l'avait trouvée charmante, charmante et rassurante. Rémi s'arrêta sur le bas côté. Ses parcours solitaires, ses choix, ses voyages. Il aurait pu faire une pause. Si seulement elle l'avait compris. "J'ai été ravi de faire ta connaissance en tout cas", c'est explicite, non? Il sortit son tabac et ses feuilles. Il avait toujours eu du mal à comprendre les femmes de toutes façons. Sortir avec une collègue, c'est pas le mieux. Il vallait mieux attendre la fin, se revoir en dehors de tout ça. Sinon, gare au plan galère, aux basses vengences, si par malheur ça se passe mal. Rémi tapota sa cigarette contre sa cuisse et l'alluma. Se réveiller à ses côtés,  caresser ses cheveux et se rendormir. Il aurait voulu partager un bout de chemin avec elle. Avoir même juste une aventure avec Léanore. Goûter à son emploi du temps, à ses habitudes. Se poser un temps. Il jeta son mégot au sol et s'installa ua vollant de sa voiture. La sonnerie de son portable  l'avertissait d'un message. 
" Tu as oublié ton pull. T'es loin?  L."
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