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Une vie rêvée?

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Une vie rêvée?

 

"...Je suis tortue et je suis belle
                 Il ne me manque que des ailes
                            Pour imiter les hirondelles..."
                                                                      Desnos


                                                

Dimanche 28 janvier 2007
Est-ce le temps...qu'il fait? Gris

Est-ce le temps...qui passe? Vite

Bouh+haussements d'épaules (=j'en sais rien) mais en ce moment, je vois la vie morose.

J'ai pas le moral dans les chaussettes, je relativise comme si tout ce malaise était extérieur à moi. Comme si je faisais ce que je pouvais pour avancer malgré tout mais que le résultat ne dépendait pas seulement de moi.

Le pire c'est que de mes doutes sur mes actions, de mes impressions de faire des gaffes, des conneries, je n'en tire qu'une étrange neutralité. Une impression presque de sérénité. Oui, je peux vraiment être con des fois. Et chiante aussi. J'aimerais bien que ce soit pas le cas...mais je dois me rendre à l'évidence. ça c'est vraiment moi! Aussi.

Alors je sais pas si c'est bien ou moins bien. Je verrais bientôt.
Mais je me sens presque sereine dans ma vie, non rêvée, mais morose.


Dimanche 21 janvier 2007
...se rencontrent un peu partout en ce moment, en France.
Sur des panneaux publicitaires.
Je me suis demandée, comme beaucoup qui étaient-ils. Et j'ai lu, les textes qui y ont été rattachés.
Les 2 milions de héros ordinaires sont des personnes qui ont ou qui ont eu un cancer. 2 milions, c'est le nombre estimé de personnes actuellement malades ou l'ayant été, vivantes.
J'ai lu quelques témoignages mais je ne pouvais pas oublier les personnes plus ou moins proches qui avaient péri de cette maladie. Des loosers? Puisque les histoires que j'ai lu étaient celles de personnes qui continuaient leurs vies après le cancer. Mais les autres? Ceux qui en sont morts, sont-ils morts en héros? Ou faut-il être vivant pour être un héros (au vue du chiffre 2 millions, il semblerait que oui)?
Car depuis, je me suis informée, suis allée sur le site e-cancer, ai lu des articles et leurs réactions mais rien n'y fait...je ne suis pas convaincue par cette campagne de pub. Si ce n'est d'avoir créer peut-être des réactions comme la mienne ou d'autres.
David Abiker établit un parallèle provocateur entre cancéreux et héros pour démontrer que ces personnes sont des anti-héros en quelque sorte. Des personnes réagissent et citent leurs expériences, leurs sentiments.
Et moi, je me demande : pourquoi cette campagne? Le but aurait été de changer le regard sur cette maladie et sur les malades. Mais franchement, moi, la leçon que j'en tirerais, serait plutôt : plus on est courageux et héroïques et plus on a de chances de vaincre cette maladie...Mais c'est faux!!

La vie est injuste. Qui sème le vent ne récolte pas toujours la tempête! Le monde n'appartient pas à ceux qui se lèvent tôt! L'habit peut faire le moine! On n'obtient pas que ce qu'on mérite!
Et quand on veut, on ne peut pas toujours!

[mais non, ça va très bien je vous dit... ;-)]




Vendredi 12 janvier 2007
Sitôt rentrée, sitôt énervée...
Pour mon premier jour de boulot, j'ai réalisé que les années passant, certains comportements à la con restent.
J'avais commencé ce blog par des notes dans lesquelles je m'interrogeais sur mon boulot, mes collègues, le fonctionnement. Plus d'un an a passé et...rien de neuf sous le soleil.
Tiens par exemple, tous ces "impossibles" qui viennent du monde extérieur à l'équipe. Vous savez les "On voudrait bien le faire mais...", " Ah oui...mais là (haussement d'épaules) je sais pas s'il voudra...". Donc, ces impossibles, ils sont toujours là. Ils sont plus que jamais.
Je commence le décompte dans ma tête des mois qui me séparent de la fin de mon CDD.
Pour mon retour au boulot donc, je voulais annoncer à la secrétaire qu'il semble que le document indiquant mes heures sup d' octobre n'est appremment jamais parvenu jusqu'au comptable.
Certes, nous sommes payés en retard pour ce genre de choses mais j'avais déjà pu obtenir un paiement rapide auprès de lui en argumentant sur mon petit salaire de  1er échelon.
Je comptais faire de même mais il m'a dit ignorer que j'avais effectué des heures sup. Donc retour vers la secrétaire.
"Tu sais, on ne m'a toujours pas payé les heures sup d'octobre et...
-Ah, mais on est en janvier...(elle prend une mine hilare) si tu savais, nous, on le connaît le comptable...Ne pense pas être payée avant juillet...Il est comme ça, ça fait des années..."
J'implose. Les collègues autour commencent à approuver : on le connaît, il est comme ça. Bref, le portrait-type de "l'impossible" : extérieur à l'équipe, détenant un pouvoir particulier, absent pour se défendre (si présent, on cherche un autre bouc-émissaire  impossible).
"Non mais là c'est différent : apparemment, il n'aurait pas eu le document indiquant que j'ai fait ces heures sup" je rajoute, en essayant de modérer ma colère et ma lassitude de ce genre de propos. Je m'attends à un "Ah mince, j'ai dû oublier", "Ah bon, je l'ai pas fait? je croyais" ou un "ah si pourtant, je l'ai fait!". Et j'obtiens lamentablement un :
"Ah oui, mais c'est compliqué, il faut la signature du chef de service et tu sais celui-là..."...un autre impossible, pour masquer le fait qu'elle n'a pas fait son taff et que pour le coup, c'est de sa faute si je ne suis pas encore payée! AARRRRRRRRRRRRGGGGGG!!!!
Je suis vidée, lasse de ce genre d'attitudes, des comportements girouettes des collègues (si je tente de pointer une mauvaise volonté, ou foi, même avec du tact, je ne suis jamais soutenue...en public). Je me console juste du fait que ça a visiblement beaucoup agacé également la collègue qui avait fait ces heures sup aussi en octobre. Je me sens moins seule.

Si les notes de ce blog commencent à devenir incohérentes, c'est que probablement, je continue commence  à devenir folle.
Dimanche 7 janvier 2007
(à prononcer sur le ton des Inconnus dans leur grande époque)

Petite phrase que j'ai prononcé ce soir, et même aujourd'hui tout court de nombreuses fois car je crois que l'on peut dire que j'ai effectué un retour fracassant dans ma vie sociale. Avec des vrais gens, des vraies discussions, des vrais dialogues et tout.

Non que j'ai été ermite ces derniers temps. Juste que je voyais surtout une personne. Avec qui je parle beaucoup. Entre autres. Et qui m'apporte beaucoup. Oui, ça aussi...

Donc voilà, aujourd"hui, youpla boum! J'ai rencontré plein de gens que je connaissais et même plein des que je connaissais pas mais que j'ai appris à connaître. Et c'est bien.

Bilan , ce soir, j'ai un peu l'impression d'avoir exposé trois-quatre fois les mêmes projets, les mêmes doutes, les mêmes certitudes aussi, les mêmes récits... Je suis assez constante comme fille. C'est donc l'impression qui me reste : quelqu'un qui maitrise pas mal les choses et qui travaille son discours. Oui, ça c'est vraiment moi.

Après, j'en avais déjà fait part ici. Ca a parfois été si difficile de parler réellement de mes choix que j'ai aussi appris à composer un personnage conforme pour que la discussion s'arrête sur des trucs superficiels.

Mais là, avec une vieille connaissance, j'ai été sincère. Je craignais son jugement mais j'ai joué carte sur table. Et elle a trouvé ça bien, apparemment. Comme quoi. J'ai pas à me sentir mal à l'aise d'être celle que je suis.

J'assume tellement peu. Le temps passe et j'ai beaucoup de mal à accepter celles que j'ai été. Le meilleur est peut-être à venir. Mais il ne sert à rien de se morfondre sur des idéaux qui n'ont pas été, ne sont pas et ne seront jamais.

Je viens de lire les bonnes résolutions de Ron l'Infirmier. Tiens, moi, si j'en ai qu'une ce serait,  m'assumer. Enfin.


(je relis l'article et je marre. Je suis crevée. Mais j'assume entièrement ce qui y est écrit. Et de un!)



Mercredi 3 janvier 2007
Entendu ici et la, dans un bus, un train...

    Une fille au portable : "Ah vous avez trouvé la salle...C'est combien? 110 000? C'est 110 000? ça fait combien, ça ? 110€? Non, c'est un million? Comment un million, c'est super cher..."
Lance un regard desespéré à son compagnon
"Ah oui, mais tu parles en ancien dinars..."



    Quatre personnes qui jouent à la belote. Train de 6h50.
"J'ai pris à coeur, c'est ça?".
Le partenaire, l'air inquiet, "et bien oui, tu as pris à coeur, pourquoi?"
"Non, parce que je confonds coeur et carreau mais ça va, c'est bon...".
Silences. Les deux autres regardent ailleurs. Je croise le regard du partenaire; est-ce que ça se voie que je pense en regardant le jeu de l'autre qu'ils sont mal barrés?
Il reste zen "Mais tu sais coeur et carreau, c'est pas pareil...Hein?"
"Non, non, je t'assure, c'est bon..."

[Ma pensée du moment : Pourquoi n'y a-t-il pas un drame? Je ne sais pas, c'est peut -être le fils de son patron, son futur beau-frère riche ou autre...il doit avoir une raison de ne pas s'énerver...]




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