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Une vie rêvée?

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Une vie rêvée?

 

"...Je suis tortue et je suis belle
                 Il ne me manque que des ailes
                            Pour imiter les hirondelles..."
                                                                      Desnos


                                                

Samedi 18 février 2006
...Quelques grammes d'amour dans un monde de cowboys...
 Brokeback mountain est  un lieu  hors de tout. Un lieu où se rendent chaque année les moutons d'un personnage patibulaire et peu scrupuleux, accompagné de deux cowboys.
[enfin des  cowboys qui rappellent l'éthymologie de leur profession et non des qui chassent les indiens]
Deux cowboys donc que cette aventure va, disons, rapprocher. Et c'est le début d'une saga, on les accompagne un bon morceau de leurs vies, dans leurs bonheurs, leurs choix, leurs galères, leurs doutes. Deux personnages virils donc mais présentés tout en sensibilité.
Je n'ose en dire plus pour ceux qui ne l'auraient vus. Les paysages sont magnifiques, l'histoire est très belle, les deux acteurs principaux...
Personnellement, j'ai trouvé ce film très beau. Esthétiquement parlant déjà. Et ensuite, l'histoire...J'adore les sagas! Là, c'est vrai que la complexité des personnages de leurs affects se dévoilent tout au long du film. Celles des personnages "secondaires" aussi. Quelques petites choses suggérées intensifient l'émotion, je crois.
Bref, à voir, voici le lien :  le secret de brokeback mountain
Vendredi 17 février 2006

Il y a un truc que j’ai pas compris. Je me suis retrouvée à ma justifier de me poser une question, à ne pas juger de la qualité professionnelle d’une collègue. Alors que j’avais vraiment pas l’impression de dénigrer son boulot. J’en avais pas l’intention d’ailleurs. C’est bizarre. Je me sens toujours prise dans les affects. Cette idée de me dire ou tu exprimes ce que tu penses et tu te sens cohérente et surtout dans ton travail, soit tu te tais et tu écoutes sans rien dire ou en faisant un hochement de tête salvateur et tu repars chez toi pas forcément contente non plus pour une autre raison. Pour l’instant, je choisis la première solution. Mais je suis mal. J’ai le sentiment que je vais me fâcher avec tout le monde. Est-ce que ça vaut la peine de risquer de me trouver personnellement isolée ? J’aurais tendance  à répondre non, ça vaut pas la peine. Mais en même temps, si j’ai à choisir avec : est-ce que ça vaut le coup de conserver des bons rapports en apparence, tout en étant en désaccord au fond de moi ? Je me dis surtout pas. Ça vaudrait peut-être le coup si je m’entendais par ailleurs super bien avec les personnes en question. Mais c’est pas vraiment le cas. Je crois qu’on s’entend globalement bien, que c’est des personnes que j’estime et que je trouve assez sympas pour la plupart. Mais là où je me sens en décalage, c’est leur pessimisme, le côté, « on aimerait bien, mais on peut pas… ». La cause, c’est toujours l’autre, celui qui n’est pas là pour en répondre. Du coup, ça facilite la bonne conscience, l’impression probablement d’être cohérent sans assumer les actions et leurs conséquences pour tenter de bouger les choses. Peut-être que, comme m’a dit un jour la collègue avec laquelle je me suis « fâchée » aujourd’hui, c’est parce que je suis jeune que j’ai cette idée que je vais pouvoir changer les choses. Moi, j’ai pas forcément cette idée que ça va bouger. Par contre, je crois que je m’en voudrais vraiment de renoncer avant d’essayer. Peut-être, ce même besoin d’avoir bonne conscience ? Ou plutôt, je crois, l’idée que chacun peut changer, y compris d’avis et que des fois, c’est pas tant la demande qui est rejetée que  la personne qui la pose ou le contexte. Les interprétations sont faciles, surtout quand on demande pas d’explication.

Je crois que ce qui m’a surpris dans cette réunion, c’est qu’il a semblé évident à ma collègue que je la dénigrais. C’est peut-être ce qui m’a le plus choqué. Elle l’a pris personnellement et ça m’a mise mal. C’est étrange parce qu’on travaille dans le social et que la situation m’a rappelé celle que j’avais vécu il y a quelques années avec une jeune. Elle arrivait à faire passer son malaise. Elle était agressive mais c’était pas de la peur que je ressentais, c’était de la haine. Sa haine. Je savais qu’elle ne m’était pas forcément adressée, c’était plus un sentiment négatif très fort mais peut-être que ça lui permettait de s’en décharger un peu. Touchée coulée. Et c’était réussi. Elle me faisait me sentir mal. C’était un peu pareil tout à l’heure. C’est peut-être ce qui s’est passé ; la collègue, piquée au vif par ma question aurait préféré me transmettre ce malaise-là en m’attaquant sur de prétendues mauvaises intentions à son égard, plutôt que de s’intéresser à la question à proprement parlé. En tout cas, ça m’a glacé. Je vais essayer de passer un bon week end (maudite habitude de me prendre la tête !). Mais je crois pas que j’irai lui en reparler, sauf si je sens qu’il y a trop de tensions. Ou si j’en ressens le besoin. Je vais pas tout le temps aller au carton, non ?

Mardi 7 février 2006
Question qui m'est venue aujourd'hui suite à de nombreuses réflexions entendues ces dernières jours. J'ai longtemps pensé qu'être heureux, c'était un ressenti quotidien. pour moi, ça tient à des petites choses, des petits plaisirs mais c'est jamais vraiment atteint. En tout cas, ça ne se mesure ni à un certain niveau de salaire, à une distance domicile-boulot ou autres.La répétition des mêmes choses, mêmes relations, des mêmes problèmes a-t-elle tendance à réduire toute idée du bonheur? Je parle du sentiment que l'on peut avoir d'être bien, même si ça dure peu, surtout si ça dure peu. J'ai eu un peu cette impression récemment, que l'idée d'un engagement dans un quotidien trop...quotidien m'attristait vraiment. Au point que je me suis immédaitement mise à élaborer des projets comme si cet avenir ne devait être que précaire que pour être rassurant.[en ces durs temps de  projet de CPE, je distingue la précarité dont je parle  qui s'assimile plus à un état provisoire choisi et non celle imposé par ce nouveau type de contrats...] Est-ce que la routine c'est juste refaire les mêmes choses ou est-ce plutôt avoir l'impression de tout faire pareil, un sentiment de subir les choses, de les voir déjà écrites sans que l'on puisse modifier leurs cours? J'ai encore l'impression de découvrir tout le temps, de voir des choses très différentes même sur le même chemin; est-ce que je risque de perdre ce regard sur les choses? Je me dis que ce regard justement est peut-être lié au tempérament optimiste ou pessimiste.Je suis plutôt du premier côté, il est vrai et ceci peut donc expliquer cela; affronter les situations en en tirant le côté positif, se lever le matin confiante (non pas réellement matériellement parlant) se disant que tout peut-être possible...Citation de Wolinsky : "ceux qui doutent de tout seront toujours oppressés par ceux qui ne doutent de rien" . Me vient l'idée que c'est pas forcément facile de passer au-delà de ses certitudes pour se laisser la place de la découverte, en fait. Quand on sait trop ce qui va se passer, quand il n'y a plus la surprise, on sait davantage où on va, on navigue moins à vue mais moi, a-priori, ça m'angoisse...
Suite dans quelques années.

 
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