Une vie rêvée?
"...Je suis tortue et je
suis belle
Il ne me manque que des ailes
Pour imiter les hirondelles..."
Desnos
Brokeback mountain est un lieu hors de tout. Un lieu où se rendent chaque année les moutons d'un personnage patibulaire et peu scrupuleux, accompagné de deux cowboys.
Je n'ose en dire plus pour ceux qui ne l'auraient vus. Les paysages sont magnifiques, l'histoire est très belle, les deux acteurs principaux...
Personnellement, j'ai trouvé ce film très beau. Esthétiquement parlant déjà. Et ensuite, l'histoire...J'adore les sagas! Là, c'est vrai que la complexité des personnages de leurs affects se dévoilent tout au long du film. Celles des personnages "secondaires" aussi. Quelques petites choses suggérées intensifient l'émotion, je crois.
Bref, à voir, voici le lien : le secret de brokeback mountain
Il y a un truc que j’ai pas compris. Je me suis retrouvée à ma justifier de me poser une question, à ne pas juger de la qualité professionnelle d’une collègue. Alors que j’avais vraiment pas l’impression de dénigrer son boulot. J’en avais pas l’intention d’ailleurs. C’est bizarre. Je me sens toujours prise dans les affects. Cette idée de me dire ou tu exprimes ce que tu penses et tu te sens cohérente et surtout dans ton travail, soit tu te tais et tu écoutes sans rien dire ou en faisant un hochement de tête salvateur et tu repars chez toi pas forcément contente non plus pour une autre raison. Pour l’instant, je choisis la première solution. Mais je suis mal. J’ai le sentiment que je vais me fâcher avec tout le monde. Est-ce que ça vaut la peine de risquer de me trouver personnellement isolée ? J’aurais tendance à répondre non, ça vaut pas la peine. Mais en même temps, si j’ai à choisir avec : est-ce que ça vaut le coup de conserver des bons rapports en apparence, tout en étant en désaccord au fond de moi ? Je me dis surtout pas. Ça vaudrait peut-être le coup si je m’entendais par ailleurs super bien avec les personnes en question. Mais c’est pas vraiment le cas. Je crois qu’on s’entend globalement bien, que c’est des personnes que j’estime et que je trouve assez sympas pour la plupart. Mais là où je me sens en décalage, c’est leur pessimisme, le côté, « on aimerait bien, mais on peut pas… ». La cause, c’est toujours l’autre, celui qui n’est pas là pour en répondre. Du coup, ça facilite la bonne conscience, l’impression probablement d’être cohérent sans assumer les actions et leurs conséquences pour tenter de bouger les choses. Peut-être que, comme m’a dit un jour la collègue avec laquelle je me suis « fâchée » aujourd’hui, c’est parce que je suis jeune que j’ai cette idée que je vais pouvoir changer les choses. Moi, j’ai pas forcément cette idée que ça va bouger. Par contre, je crois que je m’en voudrais vraiment de renoncer avant d’essayer. Peut-être, ce même besoin d’avoir bonne conscience ? Ou plutôt, je crois, l’idée que chacun peut changer, y compris d’avis et que des fois, c’est pas tant la demande qui est rejetée que la personne qui la pose ou le contexte. Les interprétations sont faciles, surtout quand on demande pas d’explication.
Je crois que ce qui m’a surpris dans cette réunion, c’est qu’il a semblé évident à ma collègue que je la dénigrais. C’est peut-être ce qui m’a le plus choqué. Elle l’a pris personnellement et ça m’a mise mal. C’est étrange parce qu’on travaille dans le social et que la situation m’a rappelé celle que j’avais vécu il y a quelques années avec une jeune. Elle arrivait à faire passer son malaise. Elle était agressive mais c’était pas de la peur que je ressentais, c’était de la haine. Sa haine. Je savais qu’elle ne m’était pas forcément adressée, c’était plus un sentiment négatif très fort mais peut-être que ça lui permettait de s’en décharger un peu. Touchée coulée. Et c’était réussi. Elle me faisait me sentir mal. C’était un peu pareil tout à l’heure. C’est peut-être ce qui s’est passé ; la collègue, piquée au vif par ma question aurait préféré me transmettre ce malaise-là en m’attaquant sur de prétendues mauvaises intentions à son égard, plutôt que de s’intéresser à la question à proprement parlé. En tout cas, ça m’a glacé. Je vais essayer de passer un bon week end (maudite habitude de me prendre la tête !). Mais je crois pas que j’irai lui en reparler, sauf si je sens qu’il y a trop de tensions. Ou si j’en ressens le besoin. Je vais pas tout le temps aller au carton, non ?
Suite dans quelques années.


