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Une vie rêvée?

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Une vie rêvée?

 

"...Je suis tortue et je suis belle
                 Il ne me manque que des ailes
                            Pour imiter les hirondelles..."
                                                                      Desnos


                                                

Mardi 28 mars 2006
Vu au cours du festival du cinéma d'Amérique latine de Toulouse, "En la Cama" de Matias Bize.
On entre dans le film par des images floues, on devine par le fond sonore un orgasme. On est un peu surpris, gêné. Des murmures dans la salle( "c'est quoi ce film? "  "T'es sûr que c'est ça?"), des rires (nerveux?). Le couple jouit et le film déroule les instants qui succèdent à cette scène. Les deux ne se connaissent apparemment pas trop. Ils sont là à partager des moments de leurs vies, à se raconter, à se mentir. On les écoute, on les regarde. J'ai été gênée parfois de partager leur intimité mais finalement, je me dis que cela participe de la beauté du film et de sa cohérence.
Je parle pas espagnol et je suis allée voir ce film par défaut (l'autre était complet). Je ne voulais pas trop voir un film intimiste (moi-même assaillie par trop de questions)...J'en ai pourtant été ravie. Ravie d'être traversée par tout un tas d'émotions, de questions. Etonnée de  me reconnaître, de les comprendre, de les aimer. En la cama (au lit) est un huis clos qui nous plonge dans l'intimité d'un couple ordinaire, destinés a-priori à se séparer aussi rapidement qu'ils se sont connus, et qui va donc se raconter comme si c'était la dernière fois qu'ils se voyaient. [Apparté : Moi, j'espère que non. Je sais que cette rencontre va les pour suivre, ils se disent trop de choses. Mais on sait pas s'ils se revoient, j'espère que si]
Un lien vers une autre critique :

autre critique
Dimanche 26 mars 2006
Un dimanche au Marais,
rendez-vous pris dans le quartier,
je ne suis pas seule.

Les trottoirs sont bondés, les gens se pressent,
le Marais "gay", le Marais juif, chacun s'y affaire.
Un clin d'oeil appuyé, quelques confidences échangées,
je ne suis pas seule.

Il pleut, entrer dans un café,
s'assoir, se réchauffer, parler.
Se rappeler de choses importantes, oubliées,
Soupirer, se taire.
Je ne suis pas seule.

Dehors, on revient ailleurs.
Un fallafel spécial,
une rondelle d'aubergine imbibée d'huile parfumée.
Je prends le temps de savourer...
et j'en profite pour récupérer
Je ne suis pas seule.

L'heure des retrouvailles arrivent,
avec elles mon anxiété.
Des souvenirs échangés
à la terrasse d'un autre café.
Il fait froid, avons-nous changés?
Oui. Mais.
Je ne suis plus seule.

J'avais (re-)découvert le quartier
par une journée dorée,
aspirée dans mes pensées,
je m'étais sentie bien.
J'ai quitté le Marais
après avoir décliné mon identité,
mes rêves, mes projets...
Au fil des immeubles dorés,
j'ai tracé mes sentiers.
Je ne suis plus seule.

Me reste le goût des fallafels.


Samedi 18 mars 2006
Mon horizon était Notre Dame. Au plus loin son square derrière.
Je l'ai dépassé et j'ai découvert : l'île Saint Louis.
J'ai lu que c'était un des coins les plus romantiques, la ballade à faire en amoureux. Ce jour-là, j'étais seule. Alors j'ai traversé un des petits ponts (dirait-on une passerelle?) et je me suis enfoncée dans une des ses rues. C'est facile, il y en a deux perpendaiculaires. J'étais un peu curieuse. Elle ressemblait à un lieu de résidence chic. C'était en tout cas un endroit paisible. J'ai tourné dans la rue principale et je l'ai remontée en lorgnant les vitrines des magasins. C'était beau, c'était calme. Ils sont où les touristes? Sur le parvis de la cathédrale sur l'île voisine?
A 100 mètres à vol d'oiseau, je savourais ma découverte. Etais-je déjà venue ici? Je ne sais plus. C'était petit, c'était cosy, c'était pluvieux. Les boutiques défilaient et je les examinaient plus attentivement : des bijoux, des vêtements...Un parfum d'autrefois dans cette rue oubliée. Je croise une dame dont les enfants sortent visiblement de l'école...Y'en aurait-il une sur cet îlot? Loin des bruits de voitures sur les quais voisins, loin de l'efferscence du quartier Saint-Michel, l'hôtel de ville, les bruits de cloches à Notre Dame. Des voitures qui roulent tout autour et ce quartier au milieu.
Vue sur une porte de boutique, une inscription, également traduite en anglais, qui indique l'absence de la vendeuse, ou plutôt sa présence dans le café en face. Ne pas hésiter à la demander, insiste-t-elle. C'est génial, je découvre un village. Les gens se connaissent, se parlent, vont même boire des cafés en face.
Je remonte l'île en longeant un des quais. Durant ce séjour riche en émotions,je reviendrai deux ou trois me ressourcer dans ce quartier.
Samedi 11 mars 2006
C'est cool...Bon, je développe, ça fait un peu court.
Je suis allée voir Dick Annegarn car je l'ai découvert par Mathieu Boogaerts (que je connais pas perso, soyons clairs mais dont j'avais lu sur ses influences Annegarniennes). J'avais emprunté des CD à la médiathèque et j'aimais bien mais pas tout, déjà parce qu'il y a beaucoup. Depuis quelques jours, il y a même une compil qui est super avec plein de très belles reprises. Par exemple, je suis pas fan de Calogero (par simple préjugé, car je connais pas bien) et sa reprise de Atila Joszef est merveilleuse, j'en ai des frissons. J'attendais de ce concert de découvrir quelques autres chansons, que je ne connaitrais pas...C'est loupé car il a repris celles du tribute. Par contre, quelle présence, quel charisme... J'ai passé un très bon moment avec ce drôle d'homme. 30 ans de chansons, il paraît, c'est dingue, cette énergie et en même ce naturel, sa simplicité.
J'aime particulièrement ses chansons-légendes : Dythyrambos (qu'il n'a pas chanté), Atila Joszef, Rhapsode...
Rhapsode, c'était une belle rencontre. Pour l'histoire, j'ai vécu un an à l'étranger et comme des fois, le parler français me manquait, je m'étais fait une cassette audio avec une émission 100% chanson française sur le Mouv' (de l'époque, rien à voir avec aujourd'hui). Et donc le hasard a fait que la première chanson, c'était Rhapsode. J'adorais cette chanson. Elle évoquait à mes yeux l'exil, le parler français lointain de la France, bref, elle me touchait beaucoup. Et ces voix! En fait, je sais pas si j'avais enregistré le nom des interprètes mais en tout cas, je l'ai oublié. Du coup, pendant des années, en la réécoutant, je me demandais qui chantait. J'avais recherché un peu sur les albums de Mathieu Boogaerts car j'avais reconnu sa voix... Lors de la sortie de l'album "Plouc" de D.A, il a donné une interview sur France Inter et là, alors que j'écoutais en semi-simnolence, je me suis relevée illico pour reprendre mes recherches sur Internet.  Et j'ai retrouvé avec beaucoup d'émotion Rhapsode.
Des liens!!
Point écoute de Tôt ou tard
Site officiel de Dick Annegarn
Mardi 7 mars 2006
Banlieusarde de naissance, Paris, tu étais la grande ville et surtout, dans mon cas, la belle ville.
Quand j'étais petite, c'était vers toi que j'allais avec ma mère (alors que j'allais dans ma ville seule faire plein de choses). Je connaissais vaguement tes quartiers; surtout les halles, la tour Eiffel, les champs Elysées. Il fallait pas rentrer dans le détail.
J'ai déménagé et tu es devenue lointaine et un peu oppressante. J'entendais pas mal de "parisianismes" dans les médias du style " les gens n'ont pas le moral car il pleut [ chez moi, il faisait beau]"ou bien " un resto pour deux?? 150€ environs[prix parisiens?]".Tout semblait se passer, tourner autour de toi, capitale. Tu es devenue pour moi un lieu de vacances et de visites dans mes retours aux sources.Certains de tes coins ont alors acquis une histoire en fonction des gens auxquels je les rattachais : Montmartre, l'Opéra, le musée d'Orsay...
Et puis, je ne suis plus allée vers toi pendant quelques années, ou bien juste en passant : retours de vacances, de boulots, festival...Cet été, au cours d'un de ces passages éclairs, j'ai voulu trouver des lieux auxquels on se référait dans des chansons, romans, films...Je suis devenue touriste.J'ai été très triste de te quitter en tout cas.
Donc j'ai décidé de revenir en prenant plus de temps. J'ai rencontré pas mal de personnes perdues de vue, c'était étrange. Ca avait un petit goût de bilan en fait. J'ai (re-)découvert certains de tes quartiers et cette fois-ci, je me les suis appropriée un peu différemment. Moins en référence à des personnes qu'à ce que je percevais de leurs vies, de leurs ambiances. J'ai eu envie de faire du lien entre tes différents quartiers donc j'ai beaucoup marché pour visiter et apprendre peu à peu à me repérer. Le premier jour, j'ai longuement marché le long des quais, entre le champs de mars et l'île de la Cité. En reprenant le chemin inverse le dernier jour, j'ai essayé de boucler la boucle et de ne pas partir à regret comme la fois précédente. J'ai beau m'être éloignée, j'ai le sentiment que tu fais partie de moi, de ma vie. Au passé, car des souvenirs me reviennent parfois, des madeleines cueillies au détour d'une rue, un magasin, un monument. Au présent, car aujourd'hui, je te visite en m'investissant différemment: je recherche des lieux inconnus mais dont j'aurais entendu parler, je visite expos et musées.
Et dans le futur, je pense que nous serons amenée à nous revoir.
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