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Une vie rêvée?

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Une vie rêvée?

 

"...Je suis tortue et je suis belle
                 Il ne me manque que des ailes
                            Pour imiter les hirondelles..."
                                                                      Desnos


                                                

Jeudi 24 août 2006
Mais en me plaçant dans ma réalité...
Si ce film (voir billet précédent) m'a touchée, et surtout la fin, c'est que je m'interroge, surtout dans mon environnement professionnel (Ouf, je suis en vacances!!) sur la place qui m'est attribuée et dont j'ai peine à me départir. Malgré mes efforts (qui ressemblent aux tentatives de Frank) de remettre les choses (les gens?) à leur place...
Je ne suis pas forcément une transfuge mais dans ma famille, il y a eu en 2-3 générations ascension sociale via les études de plus en plus longues. Et exode rural.
Je me suis toujours obligée à me souvenir. D'où je venais. Des valeurs que l'on m'avait transmises. Et à les défendre, coûte que coûte.
Je travaille avec des personnes dont c'est aussi le cas, sauf que je viens de la ville et hors département. Je suis donc la jeune urbaine qui se permet de donner des leçons et de critiquer un système traditionnel qui a montré ses preuves depuis plus de 20 ans! Peu importent les jugements de valeurs, la violence faites aux jeunes dans un lieu où tous se connaissent et où tout se sait.

"C'est normal."  "Il faut faire avec."   "On n'a pas le choix."

Ah bon? C'est qui, qui décide? Ton voisin? Tes parents? ça m'inquiète ce genre d'attitudes car dans mes délires, je me demande si c'est pas ce genre d'arguments que l'on pouvait entendre sous l'Occupation de la part de braves gens, pas vraiment d'accord mais "Que voulez-vous? c'est comme ça...".
Mes collègues sont engagés mais peu mettent en acte leurs convictions (mais certains le font, heureusement!). Du coup, ça donne des dénonciations du monde entier, de la société, des autres mais finalement, une grande résignation, la mise en acte de violences "normales" et une absence de remise en cause d'un système qui rassure mais ne satisfait pas.
Pour répondre aux questions que je posais vers la fin du billet ressources humaines, je crois encore que c'est chacun qui peut à un moment donné changer son destin, choisir sa place. Choisir et non plus subir.
Par contre, ça coûte. Enormément même. De remises en cause destabilisantes en rejet et incompréhensions. Mais c'est peut-être parfois le prix à payer pour rester en cohérence avec soi.
Dimanche 20 août 2006
J'avais entendu parler de ce film il y a un petit moment, et voilà que je l'ai trouvé récemment à la médiathèque.
J'avais des craintes : Ce film ne serait-il pas trop triste? N'allait-il pas plombé ma soirée?[autant des fois, j'aime être dérangée par des films durs, autant en ce moment, précisément, je n'avais pas envie de ça] Ne ressemblerait-il pas à "violences des échanges en milieu tempéré"?
Et puis finalement, au générique de fin, je me suis dit "Whaou".


...Petit avertissement : dans la suite de ce billet, je vais parler de la fin...

Ressources Humaines, c'est le service dans lequel Frank va faire son stage. Frank est fils d'ouvrier, il a fait de grandes études qui le destine à bosser en usine...mais dans l'équipe de direction.
Je le trouve plutôt sympa, ouvert, honnête. La particularité de son stage (le film se déroule sur cette période uniquement : unité de lieu et de temps) est que l'usine en question est celle dans laquelle travaille son père. Je me suis demandée après coup ce qu'il était venu y chercher d'ailleurs. Peut-être sa place, peut-être à aider son père en pesant sur les choix de direction de son lieu de travail.
Bref, ce qui m'a beaucoup interrogée, c'est dès le départ, la position dans laquelle Frank se retrouve enfermé dès son arrivée : jugé trop snob par ses amis d'enfance, trop "patron" par une syndicaliste, trop naïf par son père... Bref, avant même d'ouvrir la bouche et de chercher à le connaître, le voilà étiquetté, agressé, critiqué.  Il s'en défend plutôt bien, à mon avis. Mais rien n'y fait, il n'est pas considéré comme étant le même.
Pourtant, devant une "mauvaise" décision patronale, il saura vite choisir son camp, se rallier aux ouvriers et agir réellement pour défendre ses convistions et son idée de la justice.
La fin de ce film est peut-être une des meilleures fins de films que j'ai vus. En ce sens quelle ouvre à la réflexion tout en synthétisant beaucoup de questions abordées.
Frank discute avec Alain, un des ouvriers qui est devenu  confident et complice, lui annonce qu'il rentre à Paris le lendemain. Alain lui répond que c'est mieux, "Ta place n'est pas dans ce trou". Frank lui retourne la question "Et toi? Tu fais quoi? Ta place, elle est où?"
J'aime beaucoup cette réponse qui laisse d'ailleurs Alain muet.  Y aurait-il donc des lieux, où l'on est condamné à subir ou à partir? Qui peut s'autoriser à définir sa place? Y-a-t-il besoin de faire des études pour cela? Quel intérêt y-a-t-il à subir, et à rester? Et puis, ce qui est beau dans le personnage de Frank, c'est son obstination à vouloir briser les barrières entre catégories sociales, lui le transfuge, le fils d'ouvrier, futur patron d'usine. Renvoyer à Alain cette remarque, c'est le reconnaître en égal, ce qu'il est bien évidemment mais comme il ne se place pas. Pas encore.
Dimanche 13 août 2006
....AAAAhhh les situations ambigues...
Tout à l'heure en raccrochant mon portable, j'ai été prise d'un doute...Mais où mon interlocuteur avait-il voulu en venir? Ou plutôt [ attention, ça se complique!] : où a-t-il pensé que je voulais en venir??
Résumé de l'histoire : Une de mes copines a retrouvé au ciné un ancien copain. J'apprends où il bosse et  le hasard faisant bien les choses,il se trouve que j'ai un service urgent à lui demander...Il me propose de me rappeller pour me tenir au courant. Sourires et remarques de la copine genre "Ah, excellente technique pour filer son n°". Moi, sourires tranquilles, j'en rajoute même une louche car aucune intention, niet, nada...Puis, aujourd'hui, coup de fil normal. Il m'apprend qu'il n'est pas sûr de pouvoir me rendre le service, qu'il rappellera si jamais...On se dit genre "A la prochaine au ciné!". En tout bien tout honneur donc...Et là, au moment du au revoir définitif, je lui dis "Alors à bientôt, au ciné, ou bien par téléphone...". Et là il me fait une remarque du style "t'emballe-pas-ce-sera-pas-avant-longtemps".
Et c'est là que j'ai eu un doute. Parce que, objectivement, oui, on risque de ne pas se voir avant longtemps. Mais pour le coup, j'ai essayé d'être polie, rien de plus. J'en ai rigolé (toute seule au milieu d'un magasin, voyez le tableau).


A quoi n'est-on pas prêt(e) pour protéger son égo?

me suis-je demandée immédiatement. La réponse justement immédiate était d'envisager de lui dire, si jamais je le croisais, que je n'avais rien voulu sous-entendre pour une fois. On en aurait ri et voilà. Mais ce faisant, j'aurais soulevé précisément une ambiguité (dans les intentions que je lui prêtais).
Plus jeune, j'arrivais facilement quand j'assumais mal mes regards prononcés, sourires en coin qui n'étaient (malheureusement) pas réciproques à rebondir sur une extrême froideur, laissant penser au jeune homme convoité qu'il s'était probablement fait des idées sur mes intentions...C'était une façon que j'avais trouvé, je crois, pour me protéger des échecs.
Aujourd'hui, j'essaie d'assumer davantage. Pas toujours facile d'arrêter de faire semblant, mais tellement plus sain et surprenant, des fois.
En fait, je crois que je comprends mon désarroi. Qu'il est laissé croire que j'étais dans une manoeuvre de séduction alors que ça n'était pas le cas me met dans un état étrange...
Je me sens comme une arroseuse arrosée...




Lundi 7 août 2006
ou plutôt sur les miens, les nôtres à la rigueur, avec ceux avec lesquels je les ai partagés...

J'ai longtemps bossé en colonies et en centre en aéré. J'en ai fait qu'une seule, ado, en tant que colon. Ca m'a tellement appris. C'est dingue mais l'animation a probablement été une des plus grandes rencontres de ma vie jusqu'à présent. Je crois avec le recul, que c'est par l'animation que j'ai pu exploiter tout un potentiel qui restait caché jusqu'alors.
Ado plutôt effacée mais débrouillarde, j'ai pas mal hésité avant de sauter le pas mais une fois, le pied dedans, il m'a été impossible de reculer. J'ai enchaîné les séjours, les équipes, les enfants, les lieux, les thèmes avec une  telle envie de vivre ça encore et encore.
Le film a réveillé en moi certains souvenirs plus ou moins douloureux, vécus sur ces moments de vacances.
Cet ado, par exemple, le plus populaire , le plus cool de la colo, le "meneur", qui m'avoua un jour, au détour d'une discussion anodine, les conflits souvent très violents avec son père.  Il profitait du séjour pour faire toutes les conneries qu'il n'aurait jamais pu faire chez lui...et après tout, c'était pas bien méchant.
Et cette anim avec laquelle je partageais ma chambre et qui faisait son stage. Pour qui bossait-elle? Pour quoi?  Elle était comme une ado supplémentaire à gérer avec ses vagues à l'âme, ses résistances et ses échecs amoureux qui la minaient.Trop de mal à faire la part des choses. Et surtout difficile parfois de travailler à une de moins.
Et cette autre anim, une caricature, qui nous avait expliqué le soir de notre jour de repos alors qu'elle avait un peu bu qu'elle ne supportait pas une autre anim suite à une remarque de celle-ci "mais, ma parole, tu es une fausse brune ou quoi? T'es blonde à l'origine, non?". On essayait de la rassurer quand elle avoua que ...oui, elle était bien blonde à l'origine, elle s'était teint les cheveux en noir, ne supportant plus l'amalgame entre ses propos et sa couleur de cheveux! Elle passait son temps à se regarder et draguait nos quelques animateurs...
Et cette petite qui ressemble à celle du film, si discrète, si facilement oubliable mais tellement attachante. Je ne l'ai jamais oubliée.
Et tous les petits détails du film...le repas en camping avec la grosse conserve de compote! Nous, on faisait chauffer le lait au bain marie sans ouvrir les trétrapaks, c'était plus simple et ça évitait que ça déborde, de gratter la casserole! Les réunions après le coucher des enfants, les prises de bec, le cinquième repas. Et cette nuit où avec un anim nous avons créé de toutes pièces le grand jeu de la journée du lendemain (2h de sommeil).
Les feux de camp, les chansons dans le car, les câlins, la fatigue euphorisante...
Je suis toute nostalgique de ces moments-là...Pourtant, j'ai grandi et j'ai d'excellentes raisons de ne plus faire de colos...Alors quoi, qu'est-ce qui m'y raccroche encore?

[Vos témoignages de colos sont bien sûr les bienvenus en commentaires...]
Jeudi 3 août 2006
Un film  à voir d'urgence!
C'est une excellente comédie, sortie il y a peu et qui promet un excellent moment.
Le sujet est si banal qu'il est étonnant qu'il n'y ait pas eu (de mémoire) un film plus tôt qui traite des...colonies de vacances. [ Bon y a bien "Scout toujours" avec Jugnot mais c'est un camp scout, pas une colo].
Dans " nos jours heureux", le séjour est ce qu'il y a de plus classique pour l'époque (l'action se situe en 1992). Le traditionnel rendez-vous avec les parents à la gare, les recommandations d'usage (sur les traitements médicaux, les vêtements perdus...),  puis le transfert en train, en car, répartition des chambres...Sauf que les acteurs sont excellents, les personnages bien trouvés et les situations drôles et parfois cocasses.
Pour "animer" ces bambins et encadrer le séjour, une équipe de choc avec anims et directeur aux personnages donnant parfois dans la caricature mais souvent justes...Du style l'animatrice mignonne qui se plaint de ne pas avoir sa chambre perso, prolonge les pauses clopes, se sert à bouffer la première...Ou l'animateur canadien, un peu gamin/ un peu nounours, qui intervient toujours au bon moment en portant (emportant) tel enfant, en calmant tel autre...Bref, que du vécu, de l'authentique et surtout des fous rires.
Les enfants aussi ne sont pas mal. De l'ado angoissé, en plein questionnement existentiel (mais vraiment en plein!) à la pin-up de la colo, en passant par "l'enfant maudie"...Et oui, il y a souvent dans les colos des jeunes qui n'ont pas de pot mais alors pas de pot du tout...Ici, une petite enchaîne tous les malheurs du monde et du coup s'enchaîne tel un koala au directeur tout au long du film...
"Nos jours heureux" est un film qui m'a beaucoup émue, car replongée dans mes souvenirs (...une note à venir...), vraiment fait rire et que je trouve en plus juste. "Nos jours heureux" décrit comment, même avec des embrouilles ou des petits arrangements, une colo peut tenir la route et au-delà de ça laisser un souvenir impérissable aux participants.
Perso, j'ai trop envie d'en refaire une!
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