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Une vie rêvée?

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Une vie rêvée?

 

"...Je suis tortue et je suis belle
                 Il ne me manque que des ailes
                            Pour imiter les hirondelles..."
                                                                      Desnos


                                                

Mardi 31 octobre 2006
Croque

Texte : Thomas Fersen
Musique : Thomas Fersen

Extrait de l'album : Pièce montée des grands jours

 

Quand je rentre à la maison,
Elle me dit souvent
Que j'ai une tête d'enterrement
Et elle a raison,
Je travaille au cimetière,
C'est inconstetable,
Je laisse ma tête au vestiare
Et je me mets à table.
Faut pas se laisser abattre,
J'ai une faim de loup,
Moi je mange comme quatre
Et je bois comme un trou
Puis je retourne au cimetière
Travailler d'mon mieux,
Digéérer mon pot de bière
Et mon croque monsieur.

Pendant l'oraison du prêtre
J'ai un petit creux,
Moi je pense à ma côtelette,
À mon pot-au-feu.
Aux prmières couronnes de fleurs
J'ai déjà la dent,
C'est mon estomac qui pleure
À chaque enterrement.

Comme un côté du cimetière
Est inhabité,
J'ai planté des pomems de terre
Dans l'intimité.
Et dans ma jaquette noire,
Entre deux services,
Je donne un coup d'arroisoir
Et je cours à l'office.
Je gratte, je bine et je bêche,
Quelle heureuse surprise
Quand je trouve un ver pour la pêche,
Je range ma prise
Dans une boîte en fer blanc.
Le temps est superbe,
Voilà un coin épatant
Pour déjeuner sur l'herbe.

À présent qu'a sonné l'heure
L'heure du goupillon,
Je pense à mes pomems vapeur,
À mon court-bouillon
Et quand tombent les premières gouttes
Sur mon haut-de-forme,
C'est mon ventre qui glougloute,
Mon ventre qui grogne.

Parfois je croque un oignon,
Parfois une gousse d'ail,
Parfois même un champignon
Est une victuaille,
Il faut faire avec,
Ce n'est pas copieux
Car ces oraisons du prêtre
On en voit pas la queue.
Le vent chasse les nuages,
C'est providentiel,
Un grand disque de fromage
Tourne dans le ciel,
La faim me monte à la tête,
J'avale mon chapeau,
Un bouton de ma jaquette
Et un pauvre mulot.

Je n'suis pas dans mon assiette,
Je vais rendre l'âme,
Quand je pense à mes paupiettes,
À mon croque-madame.
ça fait trop longtemps qu'ça dure,
Je m'allonge un peu
Sur le tapis de verdure
Et je ferme les yeux.



Lundi 30 octobre 2006
Je viens de lire une chronique de travail dans Libé. Un "gardien" de cimetierre. Beaucoup de profondeur dans ces propos qui m'ont touchés.
C'est par ici.
Mercredi 25 octobre 2006
J'aime bien Vincent Delerm. Pas encore acheté son dernier album mais entendu par ci par là et surtout ici... [souvenir ému quand je me revois dans un cyber à l'étranger découvrant ses nouvelles chansons : longtemps que j'avais pas entendu parler français].

J'ai découvert aussi Jeanne Cherhal, dont j'aime beaucoup la chanson
"Voilà"...

Et puis, merci à Anne Chiboum de m'avoir fait découvrir cette chanson de Gainsbourg, l'Aquoiboniste.


Dimanche 22 octobre 2006
[Oui, vous avez bien lu...depuis ça, j'ai réussi à aller voir un film au cinéma. Et à l'apprécier. Une nouvelle ère, un cycle s'ouvre à moi...j'espère.]

The Queen. Le type de film qu'a-priori je n'aurais pas eu l'idée d'aller voir.Trop collé à la réalité, mais en même temps fiction.Et puis, une reine : une institution obsolète selon moi.

En même temps, mes choix de films sont un peu compliqués en ce moment. Je vais au rayon comédies de la médiathèque et je desespère : trop lourd, trop vieux, trop gendarme, trop st trop, trop américain, trop années collèges...trop.
Rayon comédies dramatiques(!) : trop dur, non pas celui-là, et ça va me faire penser à..., ouais pas mal mais déjà vu, le revoir? Non...
Et c'est comme ça que systématiquement j'attérrissais au rayon des Friends...Il y a deux jours, j'ai vu l'ultime épisode donc, peut-être qu'il fallait en passer par là pour...réaffronter la réalité?

Bref, je suis allée voir The Queen hier. Et ça m'a beaucoup plu. J'ai passé un très bon moment.


L'Angleterre des voyages scolaires

Les châteaux, les beaux paysages, la chasse, la famille royale, Tony Blair... A un premier niveau, ça m'a bien plu de voir tout ça, de voir un peu comment ça fonctionne de l'intérieur. Et puis, le moment choisi pour ce film est la mort de Diana. Alors, d'un premier niveau, on découvre un peu les coulisses des jours qui ont suivi cet évènement.
Si ça n'avait été que ça, en tant que non fan de la famille royale ni de Lady Di, je n'y aurais pas trouvé beaucoup d'intérêt...

Complexités

Si j'ai apprécié ce film, c'est qu'il comporte, me semble-t-il plusieurs niveaux.
Le personnage de la reine d'Angleterre, Elisabeth (prononcez élizebeuss) dite Mum (Sa Majesté), est complexe. Hautaine, enfermée dans un cadre protocolaire rigide, elle parait parfois tellement fragile et tourmentée car seule en fait à mener la barque. Dôtée d'humour, de beaucoup d'Humanité, elle m'a personnellement assez émue.
Je parle du personnage du film car je ne sais jusqu'à quel point il est fidèle à sa réalité. Mais peu importe, comme pour les blogs, peu importe qui est réellement celui qui se représente (ou est représenté) d'une certaine manière. Je parle du personnage, non de la Reine.
Dans la complexité de ce qu'elle vit et du rejet qu'elle sucite soudainement, naît une réflexion sur la popularité médiatique, l'émotivité des foules, la place , les fonctions des institutions...
Moi qui souhaitait m'évader de ce que je vivais, je dus me rendre à l'évidence; il n'en serait rien. De la difficulté de s'être écartée d'une personnalité populaire, et de se retrouver, de fait, face au choix soit de se joindre à l'ensemble des admirateurs de la personnalité publique soit de se placer en retrait, fidèle aux sentiments issus de la rencontre avec la personnalité privée...
Des milliers de témoignages d'affection pour une personne inconnue réellement mais tellement filmée, photographiée, interviewée...ça a donné un chagrin, une émotion "sans précédent" que les personnes qui la vivaient elles-mêmes ne comprenaient pas.
Alors quoi? La reine devait-elle rester fidèle à sa fonction qui impose des protocoles spécifiques dépassant l'émotion populaire (Ex du drapeau)? Ou lâcher à contre-coeur pour ne pas apparaître contre tout le monde, ne pas rester incomprise?
Le personnage de Tony Blair rend compte de cette complexité et de ces paradoxes. Modernisateur respectueux des Institutions et de la personnalité de la Reine, il ne cessera d'arrondir les angles tant par calcul que par respect, admiration peut-être pour elle.

The Queen m'a plu, je crois, car il dépasse les a-priori que je pouvais avoir sur ces personnes et leurs fonctions pour finalement montrer des êtres humains qui se débrouillent comme ils peuvent avec ce qu'ils sont, ce qu'ils devraient être et comment ils aimeraient être vus.



Jeudi 19 octobre 2006
Une rencontre vaut plus que mille rendez-vous...

Oui, oui et encore...oui!

[je ferais plus long prochainement...]

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