Une vie rêvée?
"...Je suis tortue et je
suis belle
Il ne me manque que des ailes
Pour imiter les hirondelles..."
Desnos
(Rediffusé sur Arte en période de fêtes, merci!)
Alors qu'on pourrait se ballader avec des clichés sur l'Australie comme si tout le monde y était surfeur, blond, décoloré par le soleil, bronzé toute l'année et tout...on découvre Muriel.
Muriel est, comment dire, un peu l'antithèse de tout ça, vu qu'elle est enlaidie à souhait au début du film. Elle a deux passions : Abba et se marier. Et comme elle est passionnée, elle va vivre au travers d'elles. Muriel a des copines qui ressemblent à des barbies. Muriel a la peau grasse. Elle est un peu en surpoids. Elle peut rigoler bêtement et fort. Elle peut sangloter fort aussi. On lui a toujours répéter qu'elle n'était rien, qu'elle ne valait rien. Elle l'a assimilé. Quitte à n'être rien autant paraître être quelqu'un semble-t-elle se dire. Alors elle se met à singer ses copines-Barbies, à s'inventer une vie sentimentale palpitante... Elle déménagera, changera de prénom (Marielle) et d'amies, elle finira même par se marier.
Mais la morale de l'histoire sera tout de même sauve.
Muriel avait été, quand je l'avais vu il y a une dizaine d'années, un film surprenant. Il le reste, il n'a pas trop vieilli par rapport à ça. Autant le côté prête-à-tout-pour-se-marier peut-être flippant, autant Muriel use de stratégies fantaisistes et décalées, elle ne devient pas à mes yeux aussi flippante que ses anciennes copines ou son père qui restent coincés dans ce paraître. Même si tout débute sur la caricature, c'est plutôt un droit à la différence qui rend ce film intéressant. L'époque de sa soritie, c'était aussi "Priscillia, folle du désert", un autre film australien. Rien n'a vraiment changé; les canons de beauté reste les mêmes et mieux vaut être riche, beau et bien portant que...
Muriel n'est pas un conte de fées, c'est une fille normale qui complexe et qui deviendra une fille normale qui s'assume. Très belle, donc. Comme elle.
Muriel est, comment dire, un peu l'antithèse de tout ça, vu qu'elle est enlaidie à souhait au début du film. Elle a deux passions : Abba et se marier. Et comme elle est passionnée, elle va vivre au travers d'elles. Muriel a des copines qui ressemblent à des barbies. Muriel a la peau grasse. Elle est un peu en surpoids. Elle peut rigoler bêtement et fort. Elle peut sangloter fort aussi. On lui a toujours répéter qu'elle n'était rien, qu'elle ne valait rien. Elle l'a assimilé. Quitte à n'être rien autant paraître être quelqu'un semble-t-elle se dire. Alors elle se met à singer ses copines-Barbies, à s'inventer une vie sentimentale palpitante... Elle déménagera, changera de prénom (Marielle) et d'amies, elle finira même par se marier.
Mais la morale de l'histoire sera tout de même sauve.
Muriel avait été, quand je l'avais vu il y a une dizaine d'années, un film surprenant. Il le reste, il n'a pas trop vieilli par rapport à ça. Autant le côté prête-à-tout-pour-se-marier peut-être flippant, autant Muriel use de stratégies fantaisistes et décalées, elle ne devient pas à mes yeux aussi flippante que ses anciennes copines ou son père qui restent coincés dans ce paraître. Même si tout débute sur la caricature, c'est plutôt un droit à la différence qui rend ce film intéressant. L'époque de sa soritie, c'était aussi "Priscillia, folle du désert", un autre film australien. Rien n'a vraiment changé; les canons de beauté reste les mêmes et mieux vaut être riche, beau et bien portant que...
Muriel n'est pas un conte de fées, c'est une fille normale qui complexe et qui deviendra une fille normale qui s'assume. Très belle, donc. Comme elle.
par Mavie
publié dans :
Mavie Critique
Il faisait froid depuis quelques semaines. Elle se levait de plus en plus difficliement pour se rendre à la gare. Pour prendre le train qui l'amenait au boulot. Une fois debout, c'était gagné, elle pouvait tenir en se répétant qu'elle allait bientôt pouvoir continuer sa nuit dans le wagon.
Elle petit- déjeunait brièvement, se doucher et enfilait les habits choisis la veille. Pas le temps de regarder la météo. En fait, elle ne l'avait jamais fait. C'est pas parce qu'on travaille loin que l'on doit savoir le temps qui fait. Prévoir sa tenue la veille c'était un risque certes, inutile, peut-être mais un espace de liberté. Elle avait eu toute une conversation avec un collègue sur ça un jour.
L'immeuble était silencieux. Elle n'était pas la première à sortir ce matin encore, la porte extérieure était dévérouillée. Passé le coin de la rue, elle regarda l'abri bus, puis le bout du boulevard. Pas de bus, pas de chance. Les bus du matin...le petit réconfort à à point : espace de voyage mouvant, souvent inhabité à cette heure, d'où elle pouvait traverser la ville endormie. Un cocon roulant dirigé par un magicien qui la guidait dans les étoilées lumières du petit jour.
Elle pressa le pas : "dormir dans le train, vite!". Elle regardait les rues presque désertes, au loin un bruit sourd, les balayeurs. Oserait-elle un jour un amical "bonjour"? Après tout, elle les voyait souvent depuis qu'elle allait travailler loin. Mais, c'est vrai que c'est bizarre comme les mots les plus simples peuvent devenir ambigus. Et s'ils répondaient et qu'au fil des jours s'installer entre eux une relation avec de plus en plus de questions, changerait-elle de chemin? C'est un peu la même question qu'elle se posait quand on l'abordait dans la rue ou à la gare. Converser de façon sympa mais non engageante. C'est toujours compliqué quand vient la fin de la conversation et qu'on veut en rester là. C'est mal pris. Souvent. Elle passait peut-être à côté de gens chouettes mais peut-être aussi à côté de sangsues. Elle échangea un regard amusé avec un des balayeurs qui se tournait, surpris de voir quelqu'un aussi tôt. Pourquoi se compliquer la vie?
Bientôt la longue rue droite, ses camions de livraison et ses vitrines éteintes. Le même chemin qu'elle fait pour se changer les idées, quand ça va pas et qu'elle veut voir du monde. Son reflet dans les vitrines du matin est décidé à affronter la journée. L'image est classique mais affirmée, le pas rapide et décidé.
Pas de doute. Elle avance
Elle petit- déjeunait brièvement, se doucher et enfilait les habits choisis la veille. Pas le temps de regarder la météo. En fait, elle ne l'avait jamais fait. C'est pas parce qu'on travaille loin que l'on doit savoir le temps qui fait. Prévoir sa tenue la veille c'était un risque certes, inutile, peut-être mais un espace de liberté. Elle avait eu toute une conversation avec un collègue sur ça un jour.
L'immeuble était silencieux. Elle n'était pas la première à sortir ce matin encore, la porte extérieure était dévérouillée. Passé le coin de la rue, elle regarda l'abri bus, puis le bout du boulevard. Pas de bus, pas de chance. Les bus du matin...le petit réconfort à à point : espace de voyage mouvant, souvent inhabité à cette heure, d'où elle pouvait traverser la ville endormie. Un cocon roulant dirigé par un magicien qui la guidait dans les étoilées lumières du petit jour.
Elle pressa le pas : "dormir dans le train, vite!". Elle regardait les rues presque désertes, au loin un bruit sourd, les balayeurs. Oserait-elle un jour un amical "bonjour"? Après tout, elle les voyait souvent depuis qu'elle allait travailler loin. Mais, c'est vrai que c'est bizarre comme les mots les plus simples peuvent devenir ambigus. Et s'ils répondaient et qu'au fil des jours s'installer entre eux une relation avec de plus en plus de questions, changerait-elle de chemin? C'est un peu la même question qu'elle se posait quand on l'abordait dans la rue ou à la gare. Converser de façon sympa mais non engageante. C'est toujours compliqué quand vient la fin de la conversation et qu'on veut en rester là. C'est mal pris. Souvent. Elle passait peut-être à côté de gens chouettes mais peut-être aussi à côté de sangsues. Elle échangea un regard amusé avec un des balayeurs qui se tournait, surpris de voir quelqu'un aussi tôt. Pourquoi se compliquer la vie?
Bientôt la longue rue droite, ses camions de livraison et ses vitrines éteintes. Le même chemin qu'elle fait pour se changer les idées, quand ça va pas et qu'elle veut voir du monde. Son reflet dans les vitrines du matin est décidé à affronter la journée. L'image est classique mais affirmée, le pas rapide et décidé.
Pas de doute. Elle avance
par Mavie
publié dans :
Mavie fictive


