Une vie rêvée?
"...Je suis tortue et je
suis belle
Il ne me manque que des ailes
Pour imiter les hirondelles..."
Desnos
Ça y est enfin. Cela fait des semaines que je pense à ce moment. Comme le dit le dicton coréen, « le meilleur moment
quand on fait l'amour, c'est quand on monte les escaliers ». Un bordel monstre règne dans et sur mon bureau. Rien à battre. Comme le dit un dicton mexicain, " le meilleur moment pour ranger, ça
n'est pas quand on part".
Et aujourd'hui, je pars.
Lendemain de fête de la musique, je vadrouille dans les rues encore parcourues à ces heures matinales par quelques fêtards, musiqueux ou éthyliques. L'évitement des tessons de bouteilles n'effraient pas mes semelles bon marché. Le poids de mon sac me semble tout relatif, c'est une masse plus lourde que je laisse derrière moi.
Me voilà dans le train au milieu des autres avec cette musique intérieure qui m'accompagne. Mon coeur palpite, mon esprit s'évade. Il m'amène loin des miens mais au plus près d'un autre coeur, au plus proche d'un autre corps, dans une contrée lointaine et encore en travaux. Work in progress.
La gare de la fin de la Terre ou presque et un accueil dans ses bras au milieu de ce nulle part. Quelques jours d'apprentissage, amoureux et sensuels. Des ébats maladroits, des tendresses complices. Je suis en pleine période d'attachements, détachements, de prise d'autonomie et parallèlement de forte dépendance. Doit-on toujours rester collé à quelqu'un? Nos histoires nous rapprochent et nous nous servons réciproquement de tuteur. Mais voulons-nous rester des soutiens, des béquilles qui viendraient combler nos détresses familiales et maintenir trop droit le chemin de nos deux vies ? Juste par besoin de se rassurer?
Nous avons 20 ans et des routes il y en a. Prendre des nationales plutôt que l'autoroute ne nous amenent pas forcément à aller dans la même direction.
J'avais 20 ans et mon complexe de séparation m'aurait plutôt mené à suivre ses pas ou à prendre l'autoroute tant continuer à marcher seule m'effrayait. J'aurais eu trop peur de me perdre.
Il m'a quitté.
J'étais encore étourdie de ces découvertes et pour un peu de temps, ma route se dessinait assez précisément. J'ai continué seule. Je pensais alors rencontrer quelqu'un pour discuter de la suite du parcours, passant de nationales en départementales, savoir où se situeraient les virages qu'on pouvait prendre. Je me suis même approchée de l'autoroute et, happée par quelqu'un, j'ai parcouru un certain temps l'asphalte polissé, la normalisation, la performance et la vitesse du réseau. Avec les moyens qu'ils ont, c'est sûr, tout y était clair et on y voyait loin mais reprenant mes anciennes cartes j'ai bien vu que je m'en éloignais...A une gare de péage, je me suis enfuie.
Toujours en marche, work in progress, j'ai recroisé il y a peu mon amoureux des 20 ans. Il n'a pas eu ma chance...La chance d'avoir été protégé dans ses fragilités et d'avoir pu se bricoler des soutiens qui ne s'asphyxient pas mutuellement, par emprise.
Il a eu l'air surpris quand je lui ai dit "Merci".
Et les autres?
Et si, c'est lui qui le dit!
Et aujourd'hui, je pars.
Lendemain de fête de la musique, je vadrouille dans les rues encore parcourues à ces heures matinales par quelques fêtards, musiqueux ou éthyliques. L'évitement des tessons de bouteilles n'effraient pas mes semelles bon marché. Le poids de mon sac me semble tout relatif, c'est une masse plus lourde que je laisse derrière moi.
Me voilà dans le train au milieu des autres avec cette musique intérieure qui m'accompagne. Mon coeur palpite, mon esprit s'évade. Il m'amène loin des miens mais au plus près d'un autre coeur, au plus proche d'un autre corps, dans une contrée lointaine et encore en travaux. Work in progress.
La gare de la fin de la Terre ou presque et un accueil dans ses bras au milieu de ce nulle part. Quelques jours d'apprentissage, amoureux et sensuels. Des ébats maladroits, des tendresses complices. Je suis en pleine période d'attachements, détachements, de prise d'autonomie et parallèlement de forte dépendance. Doit-on toujours rester collé à quelqu'un? Nos histoires nous rapprochent et nous nous servons réciproquement de tuteur. Mais voulons-nous rester des soutiens, des béquilles qui viendraient combler nos détresses familiales et maintenir trop droit le chemin de nos deux vies ? Juste par besoin de se rassurer?
Nous avons 20 ans et des routes il y en a. Prendre des nationales plutôt que l'autoroute ne nous amenent pas forcément à aller dans la même direction.
J'avais 20 ans et mon complexe de séparation m'aurait plutôt mené à suivre ses pas ou à prendre l'autoroute tant continuer à marcher seule m'effrayait. J'aurais eu trop peur de me perdre.
Il m'a quitté.
J'étais encore étourdie de ces découvertes et pour un peu de temps, ma route se dessinait assez précisément. J'ai continué seule. Je pensais alors rencontrer quelqu'un pour discuter de la suite du parcours, passant de nationales en départementales, savoir où se situeraient les virages qu'on pouvait prendre. Je me suis même approchée de l'autoroute et, happée par quelqu'un, j'ai parcouru un certain temps l'asphalte polissé, la normalisation, la performance et la vitesse du réseau. Avec les moyens qu'ils ont, c'est sûr, tout y était clair et on y voyait loin mais reprenant mes anciennes cartes j'ai bien vu que je m'en éloignais...A une gare de péage, je me suis enfuie.
Toujours en marche, work in progress, j'ai recroisé il y a peu mon amoureux des 20 ans. Il n'a pas eu ma chance...La chance d'avoir été protégé dans ses fragilités et d'avoir pu se bricoler des soutiens qui ne s'asphyxient pas mutuellement, par emprise.
Il a eu l'air surpris quand je lui ai dit "Merci".
Et les autres?
Et si, c'est lui qui le dit!
par Mavie
publié dans :
Mavie fictive


