Une vie rêvée?
"...Je suis tortue et je
suis belle
Il ne me manque que des ailes
Pour imiter les hirondelles..."
Desnos
Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement
céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche, aux alentours de minuit.
Avec les copains, des fois on en parlait, on a failli le faire à plusieurs reprises mais un je-ne-sais-quoi nous portait à continuer...Une fois que la machine est lancée, c'est dur de l'arrêter.
On devrait jamais commencer en fait.
Après, nous, les gars, on les aimait bien. Les nouveaux, les anciens, les costauds, les habiles, les blessés...Alors on les suivait presque partout.
Mais, d'année en année, on se rendait compte que ça changeait. Un quelque chose ou plutôt des quelques choses ici ou là : les prix qui grimpent, les rapports tendus entre les gens, des histoires de racisme ici ou là. Nous, on les regardait faire, les jeunes, et on essayait de les calmer mais ils étaient fougueux, ça s'enflammait vite. Des fois, on se disait que rien n'avait changé juste nos regards peut-être. Aussi bien, on avait seulement vieilli...
Le fait est que, même si on se sentait étrangers aux débordements, pour tout le monde, on en était. Les gens, de l'extérieur, font rarement la différence. Tous dans le même sac! C'est pour ça que la bande de copains a commencé à se dissoudre. Petit à petit, certains trouvaient un prétexte personnel, professionnel et nous faisaient faux bond. De plus en plus souvent. Jusqu'à abandonner complètement. Je me demandais comment ils pouvaient faire. D'autres avaient peur d'être mal vu mais comme ils ne l'assumaient pas forcément, ils disaient que c'était beaucoup moins intéressant aujourd'hui qu'au début, quand ils avaient commencé...Je me disais qu'ils mentaient.
Finalement, on s'est retrouvé que Marco et moi. Même si on était que deux, on ne se voyait pas arrêter. Trop d'adrénaline sûrement. Et puis un rythme qui s'imprime dans vos semaines, dans vos pensées, dans votre corps...Au-delà de ça, je crois qu'on aurait eu l'impression de se renier, d'abandonner les autres, ceux qui veulent comme nous passer un bon moment. On ne peut pas quitter le navire en pleine tempête, on s'était promis d'y rester fidèles dans le meilleur comme dans le pire.
Avec les copains, des fois on en parlait, on a failli le faire à plusieurs reprises mais un je-ne-sais-quoi nous portait à continuer...Une fois que la machine est lancée, c'est dur de l'arrêter.
On devrait jamais commencer en fait.
Après, nous, les gars, on les aimait bien. Les nouveaux, les anciens, les costauds, les habiles, les blessés...Alors on les suivait presque partout.
Mais, d'année en année, on se rendait compte que ça changeait. Un quelque chose ou plutôt des quelques choses ici ou là : les prix qui grimpent, les rapports tendus entre les gens, des histoires de racisme ici ou là. Nous, on les regardait faire, les jeunes, et on essayait de les calmer mais ils étaient fougueux, ça s'enflammait vite. Des fois, on se disait que rien n'avait changé juste nos regards peut-être. Aussi bien, on avait seulement vieilli...
Le fait est que, même si on se sentait étrangers aux débordements, pour tout le monde, on en était. Les gens, de l'extérieur, font rarement la différence. Tous dans le même sac! C'est pour ça que la bande de copains a commencé à se dissoudre. Petit à petit, certains trouvaient un prétexte personnel, professionnel et nous faisaient faux bond. De plus en plus souvent. Jusqu'à abandonner complètement. Je me demandais comment ils pouvaient faire. D'autres avaient peur d'être mal vu mais comme ils ne l'assumaient pas forcément, ils disaient que c'était beaucoup moins intéressant aujourd'hui qu'au début, quand ils avaient commencé...Je me disais qu'ils mentaient.
Finalement, on s'est retrouvé que Marco et moi. Même si on était que deux, on ne se voyait pas arrêter. Trop d'adrénaline sûrement. Et puis un rythme qui s'imprime dans vos semaines, dans vos pensées, dans votre corps...Au-delà de ça, je crois qu'on aurait eu l'impression de se renier, d'abandonner les autres, ceux qui veulent comme nous passer un bon moment. On ne peut pas quitter le navire en pleine tempête, on s'était promis d'y rester fidèles dans le meilleur comme dans le pire.
Alors quand dimanche dernier, on a vu s'élever ce ramassis d'injures, on n'en croyait pas nos yeux : mais qu'est-ce qu'ils
étaient venus faire là exactement? Marco a vu rouge. Après la rencontre, on est allés boire un coup dans le café où on se retrouvait tous avant, la mine déconfite. Il y avait des types qui
rigolaient. Ils disaient que "y"a que la vérité qui dérange, après tout". Et là, Marco il leur a dit que leur connerie aussi, elle était dérangeante. Voyant que l'ambiance montait, j'ai dit "
Viens Marco, laisse-les ce sont de pauvres types!".
Je ne l'ai pas vu venir, Marco non plus. Heureusement que le type était saôul et plutôt du genre frêle. C'est ce que nous ont dit les flics quand ils l'ont embarqué. Car ce con avait voulu imiter son idole.
Trop, c'était trop. J’aurais résisté longtemps avant de finalement céder.
Dimanche soir, aux alentours de minuit, j'ai brûlé mon abonnement et ma carte de supporter.
D'autres aussi ont résisté... avant de céder
Lui, c'était le premier à le raconter.
Je ne l'ai pas vu venir, Marco non plus. Heureusement que le type était saôul et plutôt du genre frêle. C'est ce que nous ont dit les flics quand ils l'ont embarqué. Car ce con avait voulu imiter son idole.
Trop, c'était trop. J’aurais résisté longtemps avant de finalement céder.
Dimanche soir, aux alentours de minuit, j'ai brûlé mon abonnement et ma carte de supporter.
D'autres aussi ont résisté... avant de céder
Lui, c'était le premier à le raconter.
par Mavie
publié dans :
Mavie fictive


