Dimanche 18 janvier 2009
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20:04
Ce matin, derrière la petite porte du
n°5, des trucs pas très ragoûtants… Un œil orange et gélatineux, et un alien bleu à cheveux verts.
J'entendais la voix de Maman dans la pièce d'à côté. Elle allait sortir faire des
courses et elle nous autorisait pendant ce temps à jouer à la console.
Il était peut-être encore temps. Refermer la porte tant bien que mal. Lisser le bout
de carton et le coincer au mieux.
Mon frère afficha un sourire en coin : il était trop tard.
Le combat commençait : Me tourner en souriant ou ne pas cacher ma déception? Un oeil
orange et gélatineux...Un alien bleu à cheveux verts...Mais pour qui elle me prenait enfin! Pourquoi elle ne faisait pas comme les mères de mes copines? Pourquoi elle avait essayé de nous faire
une "création maison"? Il fallait me rendre à l'évidence: ma mère regardait trop la télévision. Ces émissions, ces magazines, ces ateliers de loisirs créatifs, mais à quoi ça nous
mène?
"Ma chérie, n'oublie pas qu'aujourd'hui, c'est ton tour..."
Plus moyen de faire machine arrière. Mon frère s'esclaffait en préparant la
console. On avait 19 jours à tenir. C'était pas grand chose...
Sourire en disant "merci", prendre l'oeil orange et le mettre par dessus le mien, en
me regardant dans le miroir. Rire. Mettre l'alien dans ma trousse...Dire que "C'est super! Aucune copine n'aura le même, ça c'est sûr!".
Ou prendre les deux trucs, d'un air un peu déçu et les poser quelque part
négligemment...Dire à ma mère, que c'est super mais qu'un bonbon au chocolat ça aurait été très bien aussi.
Préserver ma mère ou...ne plus subir.
Je pris l'oeil orange en commençant à le mettre par dessus le mien et là: impossible!
Mâchoire crispée, pas moyen de sourire.
Mon frère, ce traître, me donna le coup de grâce : "Ah...On dirait que ça te plaît pas
ce que Maman a préparé pour nous toutes ces soirées de novembre...".
Ne plus subir : faire avancer la cause des enfants pétris de culpabilité, défendre
l'honnêteté, la sincérité!
"Oh ma chérie, c'est vrai?
-C'est super! Aucune copine n'aura le même, ça c'est sûr!"
C'est ce jour-là que j'ai choisi de faire mienne l'expression "c'est l'intention qui
compte" et de me tenir loin de toute considération matérielle. "Le ridicule ne tue pas" est devenu ma devise.
Quand à mon frère, je me chargeais de lui rappeler un détail
:
"Demain, c'est le 6 décembre, nombre pair...C'est toi qui ouvrira le cadeau du
calendrier de l'avent!"
La vengeance est un plat qui se mange froid.
Par Mavie
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Publié dans : Mavie fictive
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