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Mavie aime

  • Prendre les ronds points à vélo
  • Mettre France Inter en fond sonore
  • Boire du vin chaud dans la rue
  • Manger devant l'ordinateur
  • "Et on tuera tous les affreux" de Sullivan (Boris Vian)
  • Choisir
  • Boire une théière entière

Mavie rêvée

 

"...Je suis tortue et je suis belle
                 Il ne me manque que des ailes
                            Pour imiter les hirondelles..."
                                                                      Desnos


                                                

C'Est ÉCrit

Mavie n'aime pas

  • Se sentir incomprise
  • Les petits pois
  • Parler à quelqu'un qui n'écoute pas
  • Avoir l'air bête
  • Etre réveillée par ses voisins très tard ou très tôt
  • Ne pas oser
26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 21:59

Il aurait sûrement été surpris de la vague qui enflamme le monde Arabe. Il aurait continué à reparler de la visite de Kadafi il y a quelques temps en France avec les honneurs de chef d'Etat. Il serait apparu  encore  une fois déllusionné, déçu par le champs politique. Le fait que des milliers de personnes se soulèvent n'auraient pas réussi à lui donner espoir. Il était pessimiste.

Les résultats aux cantonales auraient enfoncé le clou. Il aurait peut-être dit  qu'il fallait s'y attendre, aurait peut-être par provocation ajouté que le Fn n'avait pas de propositions moins intéressantes que les autres, que c'était tous des pourris. Il aurait guetté ma réaction, j'aurais regardé ailleurs, fait comme si je n'avais rien entendu. S'il avait insisté, j'aurais dit avec une indifférence contenue que non, ça n'était pas pareil. J'y aurais re-pensé ensuite, en aurait parlé à mes amis, pour leur dire que c'était triste d'être aussi dépité. J'aurais espéré que c'était que de la provoc. Oui, j'en aurais été sûre, c'était que de la provoc.

Peut-être que le jour où le panache survolait la France, il serait pas trop sorti, on ne sait jamais "Tu parles, qu'ils nous disent la vérité!". Il aurait reparlé de Tchernobyl, du nuage arrêté à la frontière.

Il aurait continué à vivre, un peu replié, un peu essouflé. Il aurait continué avec ses habitudes : les courses, les émissions à la télé. J'aurais continué à le regarder faire, me demandant où était allé celui qui avait été engagé quelques années plus tôt, quand j'étais minaude. J'aurais su que c'était trop facile de dire que sa colère s'était atteinte à mesure que son confort augmentait. Il était toujours en colère. Différemment mais toujours.

Il aurait peut être fait tout ça. Ou pas. Mon père est mort il y a quelques semaines maintenant. Et j'ai encore du mal à réaliser. Je me prends à imaginer ce qu'il serait, le faisant vivre dans mon esprit. Je me répète cette réalité parfois comme pour essayer de l'imprimer une bonne fois pour toutes. Je débite des banalités genre "c'est dommage que quand on soit mort, on ne sache pas ce qu'il se passe ensuite". J'essaie de fixer ce point, cette date, à partir de laquelle il n'était plus là.

Et tout se réorganise, sans lui. Les bonnes nouvelles que laissaient présager cette nouvelle année ont brusquement cessé de rendre ma vie plus légère. Je suis triste et à la fois surprise de ne pas accepter tout ceci avec plus de philosophie. J'ai l'impression de ne pas avoir grandi, je me sens parfois toute petite. Un de ses copains d'enfance, après les funérailles me rappelait qu'il m'avait connue toute petite "Mais là, tu as grandi et en plus tu conduis une grosse voiture". La voiture de mon père, que j'ai failli abimer en me garant devant le cimetierre. Il aurait gueulé. Il aurait.

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