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Mavie aime

  • Prendre les ronds points à vélo
  • Mettre France Inter en fond sonore
  • Boire du vin chaud dans la rue
  • Manger devant l'ordinateur
  • "Et on tuera tous les affreux" de Sullivan (Boris Vian)
  • Choisir
  • Boire une théière entière

Mavie rêvée

 

"...Je suis tortue et je suis belle
                 Il ne me manque que des ailes
                            Pour imiter les hirondelles..."
                                                                      Desnos


                                                

C'est écrit

Mavie n'aime pas

  • Se sentir incomprise
  • Les petits pois
  • Parler à quelqu'un qui n'écoute pas
  • Avoir l'air bête
  • Etre réveillée par ses voisins très tard ou très tôt
  • Ne pas oser
27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 23:17
Déjà deux heures que je le regarde dormir. Respirer. Se tourner un peu. Serrer les poings. A quoi rêve-t-il? Pense-t-il, d'ailleurs?
Sur la route du retour de son atelier lecture, ma mère s'est arrêtée nous voir. Comme à son habitude, elle s'est mise à parler sans adresse, racontant son quotidien comme si je n'avais rien à lui dire, moi, aujourd'hui. Je capte quelques brides de ses paroles, absorbée par une autre présence, nouvelle, tout près. Son atelier lecture était merveilleux : de nouveaux membres ont rejoint le noyau dur des retraités des postes et télécommunications. Comme certains sont des parents au foyer, ils ont rebaptisé leur groupe « le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ». Ma mère s'amuse beaucoup de ce nom, comme si cette originalité pouvait déteindre sur son ennui, sur sa routine. Soudain, elle le regarde. Elle nous voit mais recommence à parler d'autres. N'ai-je pas peur que ce soit un agité comme Rémi? Ou un tout mou comme Léo, son frère, le garçon dans la lune, toujours le regard ailleurs? Elle repart sur ces inquiétudes. Je me retourne vers lui.
Hier à la même heure, Raphaël m'appelait pour voir comment j'allais. Encore coincé sur le tournage d'un film, il ne pourrait pas rentrer aussi tôt que prévu. Ce sont les aléas du cinématographe comme il dit.
Quelques heures et une tablette de chocolat plus tard, j'étais réveillée par des douleurs, j'étais trempée, j'étais inquiète. Respirer, appeler et partir.
Quelques heures et 150 grilles de sudoku plus tard, Raphaël me serrait la main, m'encourageait, me supportait. Quelques minutes, quelques cris, quelques pleurs après, je le tenais près de moi.
Il va bientôt se réveiller. Pleurera-t-il souvent? Aimera-t-il se baigner? Sera-t-il calme? Et s'il était trop...? Ou pas assez...? Il ouvre ses yeux tout neufs, regarde dans ma direction. J'imagine qu'il se demande la même chose à mon sujet: qui je suis, comment je vais être avec lui. Suis-je capable de lui répondre? Et en ai-je envie? Est-ce que je souhaite, demain répondre à mes proches qu'il ressemble plutôt à... ou bien qu'avec lui, je pense que ce sera...Tout ça est très loin. Je repense à Raphaël et moi, à notre vie ensemble, à nos projets. Et je le vois, lui, tout petit, tellement nous et tellement autre. Lui qui a été si proche et que pourtant je connais à peine. Tous les conseils, les livres lus pour me rassurer dans mon rôle de mère ne m 'apprendront pas à être la sienne. Toujours silencieux, il baille, lève le bras.
Nous avons désormais à faire connaissance.


Ceci est ma participation au jeu des titres, proposé par Akynou : il s'agissait d'écrire un texte entre 1500 et 3000 signes (le mien est un peu plus long) en prenant pour thème une rencontre et de citer les 5 titres soumis par d'autres commentateurs (dans mon cas, les titres soulignés ont été proposées par Saperli). L'ensemble des participations est disponible ici.

 
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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 20:04
Ce matin, derrière la petite porte du n°5, des trucs pas très ragoûtants… Un œil orange et gélatineux, et un alien bleu à cheveux verts.
J'entendais la voix de Maman dans la pièce d'à côté. Elle allait sortir faire des courses et elle nous autorisait pendant ce temps à jouer à la console.
Il était peut-être encore temps. Refermer la porte tant bien que mal. Lisser le bout de carton et le coincer au mieux.
Mon frère afficha un sourire en coin : il était trop tard.
Le combat commençait : Me tourner en souriant ou ne pas cacher ma déception? Un oeil orange et gélatineux...Un alien bleu à cheveux verts...Mais pour qui elle me prenait enfin! Pourquoi elle ne faisait pas comme les mères de mes copines? Pourquoi elle avait essayé de nous faire une  "création maison"?  Il fallait me rendre à l'évidence: ma mère regardait trop la télévision. Ces émissions, ces magazines, ces ateliers de loisirs créatifs, mais à quoi ça nous mène?
"Ma chérie, n'oublie pas qu'aujourd'hui, c'est ton tour..."
Plus moyen de faire machine arrière. Mon frère s'esclaffait  en préparant la console. On avait 19 jours à tenir. C'était pas grand chose...
Sourire en disant "merci", prendre l'oeil orange et le mettre par dessus le mien, en me regardant dans le miroir. Rire. Mettre l'alien dans ma trousse...Dire que "C'est super! Aucune copine n'aura le même, ça c'est sûr!".
Ou prendre les deux trucs, d'un air un peu déçu et les poser quelque part négligemment...Dire à ma mère, que c'est super mais qu'un bonbon au chocolat ça aurait été très bien aussi.
Préserver ma mère ou...ne plus subir.
Je pris l'oeil orange en commençant à le mettre par dessus le mien et là: impossible! Mâchoire crispée, pas moyen de sourire.
Mon frère, ce traître, me donna le coup de grâce : "Ah...On dirait que ça te plaît pas ce que Maman a préparé pour nous toutes ces soirées de novembre...".
Ne plus subir : faire avancer la cause des enfants pétris de culpabilité, défendre l'honnêteté, la sincérité!
"Oh ma chérie, c'est vrai?
-C'est super! Aucune copine n'aura le même, ça c'est sûr!"
C'est ce jour-là que j'ai choisi de faire mienne l'expression "c'est l'intention qui compte" et de me tenir loin de toute considération matérielle. "Le ridicule ne tue pas" est devenu ma devise.

Quand à mon frère, je me chargeais de lui rappeler un détail :
"Demain, c'est le 6 décembre, nombre pair...C'est toi qui ouvrira le cadeau du calendrier de l'avent!"

La vengeance est un plat qui se mange froid.




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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 19:13
La tripoteuse de tête est rentrée de vacances. On se revoit donc, dans le moelleux de son cabinet. Tout est doux chez elle, les tapis, le fauteuil, son sourire, ses yeux. Pas sa voix. Elle a le phrasé râpeux. Toujours au bord de la quinte de toux.
Ca m'a surpise au début mais maintenant j'en suis à peu près sûre : c'est pour ça que je l'ai choisie.
Il y a deux-trois ans, j'étais allée voir un de ses collègues, deux rues plus loin. Lui, il était plus âgé, les gestes plus lents, une voix douce, la posture du sage. Il était hyper cohérent et si je suis retournée le voir, c'est bien pour cette impression qu'il renvoyait. Il constituait celui que j'avais imaginé rencontrer dans ce contexte : il incarnait ce rôle quasiment parfaitement pour moi.
Si je n'y suis pas restée, c'est précisément parce que cette normalité, ce côté lisse a eu ses limites. Je me sentais pas vraiment à l'aise là-bas. Un peu comme une chienne dans un jeu de quilles. Une éléphante dans un magasin de porcelaine et autre métaphore du genre.
Je me sens bien mieux chez elle en fait.
Elle, elle a le phrasé râpeux, toujours au bord de la quinte de toux. Alors même que c'est pas elle qui parle le plus. C'est même pas elle qui essait de faire des liens, de mettre du sens, d'exprimer, d'identifier un affect. Ca justifie au moins d'avoir des quintes de toux de faire ce travail-là. Des fois, on  ne sait pas comment dire, on a la gorge qui gratte ou une boule tout au fond. Des fois, on se tait.
Mais des fois, dans le moelleux de son fauteuil, on parle. On dit cet ami un peu fragile, un peu kamikaze pour lequel on s'inquiète. On dit aussi ce neveu un peu turbulent, un peu trop grondé et qui nous attendrit. On parle de ce qu'on aimerait, de ce qu'a compris, de ce qui nous fait douter.
Elle n'est pas la tripoteuse de tête idéale, même je suis bien contente d'aller chez elle. Mais c'est celle que j'ai choisie.
Et ça fait un moment que j'ai compris que ça n'était pas un hasard.

En guise d'épilogue, une phrase entendue il y a peu : "Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît sinon tu ne pourras jamais t'égarer"
(Rabbi Nahman).





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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 22:51
Puisqu’un (ou une) internaute est arrivé(e) ici en tapant dans son moteur de recherche favori « comment se faire dévierger + image », je vais me permettre de donner quelques conseils à ce sujet, afin que les suivants qui viendraient par le même chemin ne soient pas déçus.

1. Les moteurs de recherche sont souvent équipés de petits boutons dénommés "image" qui permettent de trouver des images...et non des sites internet contenant le mot "image"
2. Parmi les liens affichés, ne cliquez pas partout! Lisez la petite description accompagnant la liste. Si les mots recherchés sont inclus dans d'autres, passez votre chemin, 9 fois sur 10, c'est mort... Ex: Comment faire une sauce pour une salade aux s de jambons...huile d'olive vierge...recette en images...sel + poivre
3. Au bout de la troisième page de recherche,il y a de grandes chances que vous soyiez super éloignés de votre quête...
4. Alors à la septième page de résultats, n'en parlons même pas.
5. Et à la onzième...
6. Les recherches sur internet ne sont pas incompatibles avec les règles d'orthographe : ponctuation et majuscules seront toujours appréciés!
7. Internet n'est pas toujours très fiable : méfiez-vous de ce qui est rapporté sur certains sites! En cas de doute, parlez-en autour de vous : en famille, auprès de vos amis, collègues...Les proches sont souvent de bons conseils!
8. Si jamais vous trouviez réponse à votre question, merci de le publier sur votre blog ou portail F..e B..k  et de me tenir informée : c'est avec plaisir que je renverrais le flux d'internautes en mal de sensation vers votre site.
9. Si jamais vous ne deviez jamais trouvé, changez votre fusil d'épaule!

Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir...


Ceci est un texte créé pour le jeu des sabliers.
Cette amorce était le début du billet « Keywords » de Pascal, sur son blog, Finis Africae.
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 23:10
Lundi, je fus pris d’un grand coup de blues. Alors je suis allée faire un tour du côté de mes balades adolescentes. C'était une drôle d'idée pour me remonter car je n'ai jamais gardé beaucoup d'affection pour cette époque. Mais peut-être parce que la veille que je venais de réaliser certaines choses par le biais de chansons françaises de mon enfance, je sentais bien qu'aujourd'hui c'était du côté de l'adolescence qu'il fallait fouiller.
De mes balades au sens de promenades, je choisis celle qui me menait de notre ancien domicile au cinéma. Seule ou à plusieurs, avant ou après le film, le défilement des arbres et le passage sur le pont. Rien ou peu est resté inscrit du paysage. Juste des impressions, des images, des bouts de discussion. La peur de me faire agresser, l'inquiétude pour une copine, le récit du dernier week end, le trouble après avoir vu le jeune Werther (J. Doillon)...
De mes balades musicales, il y aura eu des sombres héros de l'amer, des mélanges hétéroclytes allant du Goldman en passant par du Hendrix vers du Eddy Mitchell...Des rencontres, des rêves, des musiques de révision, d'autres pour m'endormir. Un concert des Ritas, un autre de Noir Désir, des autres aussi.
C'est peut-être pour me souvenir que j'avais souvent eu des opinions minoritaires, déjà à l'époque, que j'ai eu besoin d'y revenir. Mais pour me rappeler aussi que j'étais aussi fière de cette originalité que je la rejetais, déjà à l'époque.
Comme beaucoup d'ados apparemment et comme beaucoup d'adultes probablement davantage.
Mardi, ça allait un peu mieux. Je n'ai pas eu envie de regarder plus longtemps derrière moi.

 


Ce billet a été créé pour le jeu des sabliers. L’amorce (en violet) provenait du blogue de Zub, billet « Nostalgie.
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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 21:26
Et si, je me disais l’autre jour après avoir entendu une programmation musicale appropriée, et si la femme des “yeux revolver” (Marc Lavoine) et la “femme libérée” (Cookie Dinger) était une seule et même personne. Je me rends compte…que je n'ai jamais vraiment écouté les paroles aussi précisément qu'il y a une semaine. Peut-être était-ce fait inconsciemment, peut-être n'étais-je pas prête à affronter certaines réalités. Peut-être étais-je façonnée à mon insu par des préjugés inconscient genre la femme libérée, elle est tellement pas forcément séduisante ou d'autres bêtises que j'ai peur de m'avouer.
Parce que j'étais super impressionnée par les deux personnages en fait. Les yeux revolver, je l'écoutais gamine. J'imaginais bien le regard qui tue, elle a tiré la première, m'a touché c'est foutu...Et la femme libérée, je connaissais pas la moitié des références (Brétécher, Marie-Claire) mais le Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile m'émeuvait vraiment. Et j'idéalisais les deux "modèles", sans trop savoir vers lequel je pencherais plus tard.
Le plus tard a du arriver il y a pas si longtemps. Je peux faire plus jeune mais globalement, je peux aussi faire "femme".  Je me sens libre d'être celle que je veux même si pendant un certains temps, je me censurais niveau fringues en prétextant des  alibis professionnels. Aujourd'hui, je me censure uniquement sur des bases simples et incontestables : c'est propre-c'est ok/c'est sale-c'est no. Bon allez, il y aussi jupe-il fait trop froid/pantalon-je marcherais plus vite! J'ai fait mon regard qui tue mais surtout trouvé et touché ma cible. Malgré tout, certaines réalités basiques continuent de me laisser femme libérée, si fragile et tout au quotidien.
 Et aujourd'hui, j'ai parfois une voix grave pour me dire  : "Mais, tu fais toute seule plein de choses! Ton problème c'est pas que tu n'y arrives pas ou que tu t'organises mal, c'est que t'as besoin d'aide".
Et ouais!
Et des soirs comme ce soir, quand je m'en veux d'avoir oublié de faire ça, quand je me lamente devant mon manque de chance sur ci, qui m'obligerait à prendre du temps sur ça pour...
Des soirs comme ça, ça chante tout seul dans ma tête :
Ne la laisse pas tomber : elle a les yeux révolver...
Un peu larguée, un peu seule sur la Terre Les mains tendues, les cheveux en arrière
,
elle est si fragile, être une femme libérée, tu sais c'est pas si facile...


Ce billet a été écrit pour le jeu des sabliers. L’amorce provenait d’un billet de mon blog   Séduire comme une femme
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:00
Lundi :
Je ne sais pas où il est, je ne sais pas qui a eu cette brillante idée ni qui a pris la photo, mais si je savais où le trouver, j’y courrais derechef.
La légende de la photo ne m'apprend pas grand chose si ce n'est qu'il a maigri et qu'il manifestait samedi dernier contre les ogm à Toulouse...Bon, c'est déjà une piste...Je n'arrive plus à me souvenir de son nom de famille...

Mardi:
Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie. Et comme ma concierge, elle, elle le sait, j'ai eu droit ce matin à un interrogatoire en règle : perdus de vue? mais comment? et pourquoi? Ah bon? Comme ça?!

Mercredi:
Maintenant que l'affaire est mediatisée, que non seulement les sites internet, mais aussi la radio et la télé parlent de l'affaire, je me sens plus libre d'en parler. (quoi? ma concierge n'a pas encore mis tout ça en ligne??)

Certains soirs, pour faire mon intéressante, il m'est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d'alcoolémie. Il s'agissait de l'extrait suivant : « C'est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C'est de vivre au jour le jour / Le temps c'est de l'amour ». Et un jour, où c'était le cas, il est venu me voir lors de ma descente de table pour me dire que lui aussi il avait un temps chanté cette chanson dans à peu près la même mise en scène...C'est des détails qui rapprochent. Pendant des mois, on a été tous : amis, amants, confidents,profs de chant. On avait même commencé à développer notre répertoire de duos sur table.
Et puis, un jour il y a eu cette fille qui lui a fait de l'oeil et de fil en aiguille, on s'est moins vu. Et petit à petit, plus rien...

Jeudi:
Hier, j'étais au tel avec B. Elle en était bouche bée...et moi aussi. Il faut que je vous raconte… C’est une drôle d’histoire en fait, une histoire de brosses à dents ! Dingue !! En fait tout a commencé alors que j’étais chez B. toute la semaine dernière. Nous avions bien senti que quelque chose se tramait dans la salle de bain, et puis il fallait se rendre à l’évidence, il y avait des signes avant-coureurs qui ne trompent pas…Non, je ne vous parlerais pas de Xave et de son festival de air guitar avec brosse à dents (Croisez le doigts pour lui le 6 avril entre 12 et 13h!)...C'est juste la voisine de palier, la nouvelle. C'est une adepte de trash TV! Enfin, pour nous, c'est trash : réality show, télé-réalité, émission vulgaires pas drôles et j'en passe. Les murs, chez B., c'est du papier de cigarette, on entend tout  et surtout de la salle de bains. Du coup, elle met sa brosse à dents électriques en continu...comme si on entendait moins comme ça! Bref, nimporte quoi!
Mais revenons-en à nos moutons : B. l'autre jour, elle prenait un bain et elle a cru entendre à travers le bruit de brosse sa voix. Elle pense que c'était à "ça se parle".Une nouvelle piste ! il faut que j'en parle à ma soeur...

Vendredi:
L'humanité se divise en deux camps bien distincts que tout oppose irrémédiablement. La ligne de fracture passe très précisément au milieu de la table de ma salle à manger...D'un côté, la télé, de l'autre la vie...Ma soeur, elle est restée de l'autre côté. Alors bien sûr, elle avait vu "ça se parle" sur l'alcool  ruiné ma vie. Et elle avait entendu son témoignage plein de pudeur d'une vie réduite à néant...Et alors? Rien! il n'était pas sous son vrai nom et pas trop d'infos qui nous soient apparues importantes.  Par contre, elle m'a parlé en long et large d'une autre invitée à l'émission qui avait été jusqu'à envoyer des lettres enflammées et des sex toys à...Bref! j'ose même pas vous le dire, tellement, c'est incompréhensible, un geste desespéré, vraiment!

Samedi:
Recherches sur internet infructueuses...Pas de trace d'autres infos qui concerneraient sa ville de résidence, son boulot. Par contre, l'autre invitée semble aller mieux depuis l'émission dixit leur blog officiel. Pour plus d'infos sur ses motivations, je reste sur ma faim...Juste ces phrases un peu énigmatiques : "Et puis un jour, on ose relever la tête. Enfin, pour moi, cela s’est traduit comme cela : j’ai commencé à arpenter la vie en ne contemplant plus le sol, courbée que j’étais sous le poids de mon encombrant boulet, mais redressée, regardant les autres dans les yeux, et l’horizon vers lequel j’allais..."

Samedi (en 8):
Depuis une semaine, RAS...Les mauvaises nouvelles s'accumulent, problèmes financiers entre autres, le moral redescend. Il est trois heures du matin, je n'arrive pas à dormir. J'entends le bruit de la mer, des vagues qui s'écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leur larmes les pierres insensibles. Je me demande si je le retrouverais un jour. Et quand bien même ce serait le cas, sera-t-il vraiment content de me voir?Peut-être qu'il aura déjà re-retrouvé quelqu'un (le pauvre, et son ex qui l'a quitté pour son boucher...) et qu'il n'aura encore une fois plus de temps ou plus envie de me voir... Je m'étais déjà retrouvé confrontée à ce type de situations...J'en ai marre! Je déprime!

Dimanche:
Super nouvelles depuis samedi nuit. B. a trouvé ses coordonnées! Elle a eu un flash et s'est souvenue du nom de famille de sa mère et dans l'émission, il disait bien qu'il était revenu vivre chez elle, dans le sud ouest. Et sur Toulouse, il y en a une. B.est géniale, toujours les mots pour remonter le moral!

Lundi:
Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche, aux alentours de minuit. Trois heures, c'est énorme et surtout complètement irrationnel! Appeler chez sa mère, un ami perdu de vue depuis des années un dimanche soir vers minuit...
Il a eu l'air surpris maistrès vite franchement content. Sa voix... Moi, j'en pleurais ...On allait faire mieux que de se parler au téléphone, on allait se voir vendredi soir prochain, il viendrait passer le week end chez moi!

Vendredi :

Ça y est enfin. Cela fait des semaines que je pense à ce moment. Comme le dit le dicton coréen, « le meilleur moment quand on fait l'amour, c'est quand on monte les escaliers ». Un bordel monstre règne dans et sur mon bureau. Rien à battre. Dans le sablier de notre amour,
l
es derniers grains de sable s'apprêtent à tomber.  Ce soir, nous allons le retourner.


PS : Comme aux Césars, je remercie B., ma famille, mon producteur et ceux sans qui rien n'aurait été possible :
Kozlika, Samantdi, Elisabeth, Alexandre, Otir et Agaagla

et à tous les participants, puisque c'est l'important, après tout!

à une prochaine!

PPs : Oups, qu'est-ce que cette fin? Aurais-je trop regardé les feux de l'amour??

Le début, n'est pas de moi, mais d'elle.

Et toujours d'autres flash back ou pas...
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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 23:11
Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche, aux alentours de minuit.
Avec les copains, des fois on en parlait, on a failli le faire à plusieurs reprises mais un je-ne-sais-quoi nous portait à continuer...Une fois que la machine est lancée, c'est dur de l'arrêter.
On devrait jamais commencer en fait.
Après, nous, les gars, on les aimait bien. Les nouveaux, les anciens, les costauds, les habiles, les blessés...Alors on les suivait presque partout.
Mais, d'année en année, on se rendait compte que ça changeait. Un quelque chose ou plutôt des quelques choses ici ou là : les prix qui grimpent, les rapports tendus entre les gens, des histoires de racisme ici ou là. Nous, on les regardait faire, les jeunes, et on essayait de les calmer mais ils étaient fougueux, ça s'enflammait vite. Des fois, on se disait que rien n'avait changé juste nos regards peut-être. Aussi bien, on avait seulement vieilli...
Le fait est que, même si on se sentait étrangers aux débordements, pour tout le monde, on en était. Les gens, de l'extérieur, font rarement la différence. Tous dans le même sac! C'est pour ça que la bande de copains a commencé à se dissoudre. Petit à petit, certains trouvaient un prétexte personnel, professionnel et nous faisaient faux bond. De plus en plus souvent. Jusqu'à abandonner complètement. Je me demandais comment ils pouvaient faire. D'autres avaient peur d'être mal vu mais comme ils ne l'assumaient pas forcément, ils disaient que c'était beaucoup moins intéressant aujourd'hui qu'au début, quand ils avaient commencé...Je me disais qu'ils mentaient.
Finalement, on s'est retrouvé que Marco et moi. Même si on était que deux, on ne se voyait pas arrêter. Trop d'adrénaline sûrement. Et puis un rythme qui s'imprime dans vos semaines, dans vos pensées, dans votre corps...Au-delà de ça, je crois qu'on aurait eu l'impression de se renier, d'abandonner les autres, ceux qui veulent comme nous passer un bon moment. On ne peut pas quitter le navire en pleine tempête, on s'était promis d'y rester fidèles dans le meilleur comme dans le pire.
Alors quand dimanche dernier, on a vu s'élever ce ramassis d'injures, on n'en croyait pas nos yeux : mais qu'est-ce qu'ils étaient venus faire là exactement? Marco a vu rouge. Après la rencontre, on est allés boire un coup dans le café où on se retrouvait tous avant, la mine déconfite. Il y avait des types qui rigolaient. Ils disaient que "y"a que la vérité qui dérange, après tout". Et là, Marco il leur a dit que leur connerie aussi, elle était dérangeante. Voyant que l'ambiance montait, j'ai dit " Viens Marco, laisse-les ce sont de pauvres types!".
Je ne l'ai pas vu venir, Marco non plus. Heureusement que le type était saôul et plutôt du genre frêle. C'est ce que nous ont dit les flics quand ils l'ont embarqué. Car ce con avait voulu imiter
son idole.
Trop, c'était trop. J’aurais résisté longtemps avant de finalement céder.

Dimanche soir, aux alentours de minuit, j'ai brûlé mon abonnement et ma carte de supporter.


D'autres aussi ont résisté... avant de céder

Lui, c'était le premier à le raconter.
 

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 22:43
"Et puis un jour, on ose relever la tête. Enfin, pour moi, cela s’est traduit comme cela : j’ai commencé à arpenter la vie en ne contemplant plus le sol, courbée que j’étais sous le poids de mon encombrant boulet, mais redressée, regardant les autres dans les yeux, et l’horizon vers lequel j’allais..." était-il écrit.

Bien que cela me plairait d'avoir trouvé ici, la formule magique...

Bien que je pense que c'est en changeant de point de vue sur les choses, qu'on trouve la plupart du temps ses solutions.

Bien que j'ai envie de réagir, de témoigner que moi aussi, j'ai décidé un jour de lever la tête, quitte à ne pas être trop sûre que ça me ressemblait.

Bien que j'ai envie d'oublier ce qu'on peut lire dans certains regards, dans certaines réponses à des questions pourtant faites la tête haute.

Bien que j'ai pu comprendre que les boulets encombrants sont parfois bien rassurants et que ce ne sont pas toujours eux qui nous font se tenir courbés.

Bien que ...

Ce soir, j'ai envie d'y croire.


Elle, elle y a cru. Eux aussi.


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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 22:26
L'humanité se divise en deux camps bien distincts que tout oppose irrémédiablement.
La ligne de fracture passe très précisément au milieu de la table de ma salle à manger...
Au Sud "c'était pourtant bien" (Non! je rigole!) la cagette reconvertie en vide-poche, boite aux lettres de transition, porte factures, garde catalogues ...
Au Nord "c'était les corons" (Ok,j'arrête!) s'étend une place plutôt dégagée qui n'est que provisoirement occupée par des assiettes, verres, couverts, ou une machine à coudre et des tissus, ou des trucs écrits sur des carnets, des dessins...
Il y a ceux qui gèrent, qui prévoient, qui classent, c'est eux qui sont au Sud de la table.
Et puis il y a ceux qui sont plus spontanés : ils créent, ils essaient des choses, ils font, défont, c'est pas grave...C'est ceux du Nord.
Alors, jusqu'à présent, il n'y a pas de problème...Je veux dire: ils vivent pacifiquement, chacun a son pôle. Toute invasion de l'espace de l'autre camp est très vite régulée, chaque partie sait qu'elle est indispensable à l'autre. Quelle vie frustrée sans plus pouvoir créer, embellir ou juste s'exprimer! Et à quelles galères on peut arriver si les papiers ne sont pas un minimum gérés?

-Je vous l'accorde...Mais revenons-en aux faits...

-Et bien, je ne sais pas bien ce qui s'est passé...J'ai bien une petite idée, quoique mais c'est un peu compliqué à expliquer...

-J'ai tout mon temps.

-Ah oui?...Donc, il est possible...Parce que j'ai eu mon projet de nouvelle qui est resté un certain temps à la limite de son camps qui était déjà occupé par la fabrication d' un sac en tissu...Alors, je me dis qu'il est possible que par exemple, un des chats de la voisine soit entré quand j'étais en train d'étendre le linge devant la porte...Mais ils sont rapides, vous savez, je ne sais quelle race c'est mais ça galope!

-...

-Donc qu'un des chats soient rentrés et qu'il ait avec sa petite patte glissé par exemple sur l'enveloppe qui se serait retrouvée dans les papiers pour la nouvelle...Qui était aussi à la limite de son camps car elle allait bientôt être postée, donc passer par la cagette donc...enfin je vous fais pas de dessin.

-...

-Si???...Je comprends bien que ça peut paraître incroyable...ça n'est qu'une hypothèse après tout...

-Et vous n'avez pas d'enfants je crois. Mis à part les chats de la voisine, votre compagnon? vos colocataires?

-Personne d'autre, je vis seule!

-L'humanité se divise en deux camps au milieu de votre table? à vous toute seule?

-Mais elle est grande...

-???

-La table.

-J'avoue avoir un peu de difficultés à comprendre comment s'organise votre grande table,  et sa...géopolitique. Je vous fournis une copie de l'échancier qui semble avoir disparu de par
sa position stratégique ...

-Merci...

-Méfiez-vous des chats et saluez les gens du sud de ma part...Au revoir.

Elle quitta la pièce en se demandant ce qu'elle pourrait inventer pour le mois prochain..."J'ai le temps d'y penser d'ici là..."

Il ferma la porte derrière elle et se fit la réflexion qu'il faudrait qu'il se dégage quelque part chez lui un coin. Petit  pour commencer. "Mais au Nord."


La première phrase a été trouvée
ici.
D'autres géopolitiques?


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