Ma pensée s'anime en ce dimanche après-midi autour de la question du voyage... La cause? la lecture d'un article de Marie-Claire Maison (je vous jure, on ne m'y reprendra plus...) et celle de quelques messages d'un forum . Pour l'article de Marie-Claire maison, c'est une interview d'Inès de La Fressange qui m'a faite réagir. Elle me faisait plutôt bonne impression avant, je lui associais même une image de quelqu'un d'assez naturel. Dans cet article donc, elle raconte un de ses souvenirs les plus fous : en gros, Karl (Lagerfeld) lui avait parlé d'un opéra à Louxor (Egypte) et ils ont décidé d'y aller pour la soirée. Elle raconte donc qu'elle soratit de son appartement parisien quand un voisin la voyant bien habillée lui a demandé où elle allait et qu'elle a répondu un truc style : "En Egypte...à tout à l'heure!". Pour moi, ça aurait pu être marrant...si ça n'était pas réel...J'avais entendu dire que certains grands porte-feuilles de ce monde avait cette tendance à s'envoler de ci de là pour un oui, pour un non. J'avais entendu dire que Lady Di était une spécialiste. Extrait : "Chéri, le frigo est vide, pas eu le temps de faire les courses...On mange dehors?" " ouais, t'as une idée? " "ça fait longtemps qu'on n'a pas mangé dans le Trastevere à Rome" " Parfait, j'avais justement envie de raviolis!". Comme ce monde est merveilleux! C'est un jugement tout à fait personnel mais ça me choque. Il y a quelques temps, ça aurait été question d'argent : certains mangent dans des poubelles, d'autres dans des palaces...Certes que les seconds se privent ne changent pas forcément la condition des autres...sauf s'ils donnent davantage d'argent à des assocs. Actuellement, se rajoute une préoccupation écologique : l'avion a un coût important en termes de consommation de pétrole et de rejets de gaz dans l'environnement. Que penser alors d'un trajet, comment dire futile...? Futile car il ne s'agit pas visiblement d'un évènement important type surprise d'anniversaire ou concert exceptionnel, mais bien d'une soirée ordinaire. Rien n'a de prix, rien ne vaut rien. Le plus fou est-il d'ailleurs dans ce souvenir l'aller-retour express (on défie l'espace-temps) ou bien le fait de le dire à son voisin qui sort ses poubelles? Toujours est-il que les forumeurs ayant participé à la discussion sus-citée n'aurait probablement pas trouvée de catégorie pour classer notre Inès...Touriste, routarde, voyageuse, consommatrice, fashion-victim? Cette discussion m'a interessée. Que met-on dans nos voyages comme attentes? comment sommes-nous en réalité? Sur place? Le tourisme se développe...il devient parfois moins cher de partir en vacances au Maroc que sur la Côte d'Azur...Qu'en est-il du dépaysement recherché quand il y a uniformisation des modes de vie voire des raviolis? Des quelques messages que j' ai lus, dont ceux de la personne à l'intiative de cette discussion, j'en déduit plusieurs choses. D'une part, le routard semble être tendance et donc attire par là nombre de personnes qui revendiquent ce statut. Pourquoi pas? si les personnes respectent quelques principes élémentaires de respect des peuples, des pays visités, si elles cherchent à rencontrer une autre culture, d'autres personnes, un mode de vie différent. D'autre part, il me semble, là comme ailleurs,que prétendre être ouvert et ne pas réaliser que son émerveillement excessif sur tout ce qui est soi-disant typique n'est qu'une façon de se tromper soi-même, de venir confirmer ce que l'on s'attendait à trouver, c'est peut-être passer à côté d'une réalité. De la réalité. Voyager ou rêver?