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...Humeurs, Critiques, Etats d'Ame, Passages, Madeleines et autres Fruits de Mavie...

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L'alibi Psy

ou comment réduire son sentiment de culpabilité sans en assumer la responsabilité.
Une situation vécue par une personne de mon entourage remet cette réflexion au goût du jour. Réflexion qui avait commencé il y a quelques années par la fréquentation importante d'une copine.
Le principe est simple : une personne s'engage dans une psychothérapie, quelle qu'en soit la forme et, prenant pleinement conscience de ses difficultés, les accuse et en use et abuse pour justifier tout et surtout nimporte quoi. Quand l'analyse d'un passé qui devrait permettre un réinvestissement de sa vie tend à handicaper le présent...

Morceaux choisis

Entendu lors d'un voyage en groupe de copains, après une attitude totalement égocentrique pour le choix d'un resto : "Tu comprends, je fais un travail avec un psy depuis quelques temps et il se trouve que j'ai beaucoup souffert de l'influence de ma mère. Alors, je fais un effort pour m'affirmer et imposer mes choix propres, ma décision, ma personnalité..." Oui mais là, ta mère, elle y est pas. On est un groupe et tu viens de faire un caprice pour manger là où tu voulais absolument...
Ou encore, par une de mes ex-collocs : " Je suis très mal en ce moment alors je vous demanderais de ne pas m'adresser la parole car j'ai besoin de silence pour réfléchir. Je suis fragile en ce moment. Mon psy pense que..." Et moi, mon psy me conseille de parler au maximum à mes proches au vu de ma propre fragilité, on fait comment?
Enfin, une dernière se torture sur un rendez-vous amoureux, réfugiée derrière les oeillières de ses "problèmes" qui lui semblent uniques au monde et indépassables, regrettant au passage les vacances de son psy, s'empêchant de jouir de la légèreté des premiers moments d'une relation amoureuse. ça m'attriste vraiment de n'entendre cette jolie histoire à ses débuts que sous des aspects négatifs. Si ça fait réellement plus de mal que de bien, pourquoi ne pas arrêter de suite?
Petits dialogues surréalistes pour souligner l'inadéquation de certains comportements dans la vie quotidienne au motif d'un travail psychique. Voir un psy peut parfois être utile voire indispensable. Ce qu'on peut découvrir sur soi à cette occasion peut nous permettre d'avancer, en se repositionnant, en se décalant de situation et en adoptant un point de vue différent sur notre vie. Des sentiments envahissants et enfermants, tels que la culpabilité entre autres, peuvent être analysés différemment et dépassés. Mais ce regard nouveau sur soi, cette reconsidération des évènements et de leur responsabilité peut parfois faire oublier l'essentiel : la vie présente. S'affirmer alors que l'on n'avait jamais pu le faire auparavant, c'est bien...sauf si c'est en ne respectant pas le choix d'autres qui, eux, ignorent notre propre histoire et en sont encore moins responsable. Je suis pas sûr que le travail avec un psy soit de réparer son passé, de le panser (penser?). Je penserais davantage qu'il s'agit d'apprendre à s'accepter et accepter ce que l'on a vécu aussi dur que cela puisse être pour avancer à partir de là... et non d'une vie idéale qu'on regrette de n'avoir vécu.
Je relis mon billet et il me semble proche de la leçon de Morale...Beurk! Disons que c'est un coup de gueule contre l'irrespect ou le nombrilisme légitimé par l'usage de psychothérapie. Ca m'énerve de le vivre parfois dans mon entourage. Mais après tout, c'est pour ceux qui l'emploient que c'est peut-être le plus dur...Peut-être que dans quelques temps, ils réaliseront...

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