ou plutôt sur les miens, les nôtres à la rigueur, avec ceux avec lesquels je les ai partagés...
J'ai longtemps bossé en colonies et en centre en aéré. J'en ai fait qu'une seule, ado, en tant que colon. Ca m'a tellement appris. C'est dingue mais l'animation a probablement été une des plus grandes rencontres de ma vie jusqu'à présent. Je crois avec le recul, que c'est par l'animation que j'ai pu exploiter tout un potentiel qui restait caché jusqu'alors.
Ado plutôt effacée mais débrouillarde, j'ai pas mal hésité avant de sauter le pas mais une fois, le pied dedans, il m'a été impossible de reculer. J'ai enchaîné les séjours, les équipes, les enfants, les lieux, les thèmes avec une telle envie de vivre ça encore et encore.
Le film a réveillé en moi certains souvenirs plus ou moins douloureux, vécus sur ces moments de vacances.
Cet ado, par exemple, le plus populaire , le plus cool de la colo, le "meneur", qui m'avoua un jour, au détour d'une discussion anodine, les conflits souvent très violents avec son père. Il profitait du séjour pour faire toutes les conneries qu'il n'aurait jamais pu faire chez lui...et après tout, c'était pas bien méchant.
Et cette anim avec laquelle je partageais ma chambre et qui faisait son stage. Pour qui bossait-elle? Pour quoi? Elle était comme une ado supplémentaire à gérer avec ses vagues à l'âme, ses résistances et ses échecs amoureux qui la minaient.Trop de mal à faire la part des choses. Et surtout difficile parfois de travailler à une de moins.
Et cette autre anim, une caricature, qui nous avait expliqué le soir de notre jour de repos alors qu'elle avait un peu bu qu'elle ne supportait pas une autre anim suite à une remarque de celle-ci "mais, ma parole, tu es une fausse brune ou quoi? T'es blonde à l'origine, non?". On essayait de la rassurer quand elle avoua que ...oui, elle était bien blonde à l'origine, elle s'était teint les cheveux en noir, ne supportant plus l'amalgame entre ses propos et sa couleur de cheveux! Elle passait son temps à se regarder et draguait nos quelques animateurs...
Et cette petite qui ressemble à celle du film, si discrète, si facilement oubliable mais tellement attachante. Je ne l'ai jamais oubliée.
Et tous les petits détails du film...le repas en camping avec la grosse conserve de compote! Nous, on faisait chauffer le lait au bain marie sans ouvrir les trétrapaks, c'était plus simple et ça évitait que ça déborde, de gratter la casserole! Les réunions après le coucher des enfants, les prises de bec, le cinquième repas. Et cette nuit où avec un anim nous avons créé de toutes pièces le grand jeu de la journée du lendemain (2h de sommeil).
Les feux de camp, les chansons dans le car, les câlins, la fatigue euphorisante...
Je suis toute nostalgique de ces moments-là...Pourtant, j'ai grandi et j'ai d'excellentes raisons de ne plus faire de colos...Alors quoi, qu'est-ce qui m'y raccroche encore?
[Vos témoignages de colos sont bien sûr les bienvenus en commentaires...]