[Oui, vous avez bien lu...depuis ça, j'ai réussi à aller voir un film au cinéma. Et à l'apprécier. Une nouvelle ère, un cycle s'ouvre à moi...j'espère.]
The Queen. Le type de film qu'a-priori je n'aurais pas eu l'idée d'aller voir.Trop collé à la réalité, mais en même temps fiction.Et puis, une reine : une institution obsolète selon moi.
En même temps, mes choix de films sont un peu compliqués en ce moment. Je vais au rayon comédies de la médiathèque et je desespère : trop lourd, trop vieux, trop gendarme, trop st trop, trop américain, trop années collèges...trop. Rayon comédies dramatiques(!) : trop dur, non pas celui-là, et ça va me faire penser à..., ouais pas mal mais déjà vu, le revoir? Non... Et c'est comme ça que systématiquement j'attérrissais au rayon des Friends...Il y a deux jours, j'ai vu l'ultime épisode donc, peut-être qu'il fallait en passer par là pour...réaffronter la réalité?
Bref, je suis allée voir The Queen hier. Et ça m'a beaucoup plu. J'ai passé un très bon moment.
L'Angleterre des voyages scolaires
Les châteaux, les beaux paysages, la chasse, la famille royale, Tony Blair... A un premier niveau, ça m'a bien plu de voir tout ça, de voir un peu comment ça fonctionne de l'intérieur. Et puis, le moment choisi pour ce film est la mort de Diana. Alors, d'un premier niveau, on découvre un peu les coulisses des jours qui ont suivi cet évènement. Si ça n'avait été que ça, en tant que non fan de la famille royale ni de Lady Di, je n'y aurais pas trouvé beaucoup d'intérêt...
Complexités
Si j'ai apprécié ce film, c'est qu'il comporte, me semble-t-il plusieurs niveaux. Le personnage de la reine d'Angleterre, Elisabeth (prononcez élizebeuss) dite Mum (Sa Majesté), est complexe. Hautaine, enfermée dans un cadre protocolaire rigide, elle parait parfois tellement fragile et tourmentée car seule en fait à mener la barque. Dôtée d'humour, de beaucoup d'Humanité, elle m'a personnellement assez émue. Je parle du personnage du film car je ne sais jusqu'à quel point il est fidèle à sa réalité. Mais peu importe, comme pour les blogs, peu importe qui est réellement celui qui se représente (ou est représenté) d'une certaine manière. Je parle du personnage, non de la Reine. Dans la complexité de ce qu'elle vit et du rejet qu'elle sucite soudainement, naît une réflexion sur la popularité médiatique, l'émotivité des foules, la place , les fonctions des institutions... Moi qui souhaitait m'évader de ce que je vivais, je dus me rendre à l'évidence; il n'en serait rien. De la difficulté de s'être écartée d'une personnalité populaire, et de se retrouver, de fait, face au choix soit de se joindre à l'ensemble des admirateurs de la personnalité publique soit de se placer en retrait, fidèle aux sentiments issus de la rencontre avec la personnalité privée... Des milliers de témoignages d'affection pour une personne inconnue réellement mais tellement filmée, photographiée, interviewée...ça a donné un chagrin, une émotion "sans précédent" que les personnes qui la vivaient elles-mêmes ne comprenaient pas. Alors quoi? La reine devait-elle rester fidèle à sa fonction qui impose des protocoles spécifiques dépassant l'émotion populaire (Ex du drapeau)? Ou lâcher à contre-coeur pour ne pas apparaître contre tout le monde, ne pas rester incomprise? Le personnage de Tony Blair rend compte de cette complexité et de ces paradoxes. Modernisateur respectueux des Institutions et de la personnalité de la Reine, il ne cessera d'arrondir les angles tant par calcul que par respect, admiration peut-être pour elle.
The Queen m'a plu, je crois, car il dépasse les a-priori que je pouvais avoir sur ces personnes et leurs fonctions pour finalement montrer des êtres humains qui se débrouillent comme ils peuvent avec ce qu'ils sont, ce qu'ils devraient être et comment ils aimeraient être vus.