...Humeurs, Critiques, Etats d'Ame, Passages, Madeleines et autres Fruits de Mavie...
Difficile d'y échapper en ce moment, au film de Xavier Beauvois.
J'aime généralement suivre le festival de Cannes, d'assez loin dans son déroulement, mais avec plus d'attention pour le palmarès.
Alors, "des hommes et des dieux", c'est un film qui m'intrigue et dont les échos me séduisent, depuis mai dernier, depuis la "seconde place", le grand prix du jury frôlant la palme.
J'étais tellement enthousiaste que je pensais que d'autres le seraient tout autant. Mais, en fait, non. Je n'ai trouvé personne pour m'y accompagner.
Il faut dire que le sujet peut laisser craindre de la violence tant le climat à l'époque explorée dans le film était tendu. Il faut dire aussi que qui dit dieux, dit foi, religion et que ça peut rebuter (je crois que c'est ça en tout cas qui a rebuté les personnes auxquelles j'en ai parlé).
De cette époque dans ce pays, il m'est revenu des brides qui immédiatement m'ont ramené à ces années-là. Une amie de ma grand-mère dont l'un des fils a été une des premières victimes en raison de sa nationalité française. Sa mère en est devenue aigrie et intolérante.
Une copine dont les parents, originaires d'Algérie, se débattaient avec leurs contradictions sur fond de nouvelles angoissées, de nouveaux meurtres et de fuite à l'étranger.
L'insécurité (au point de ne plus savoir qui craindre) est assez perceptible dans le film.
Si je dois parler de ce qui m'a marqué dans ce film, je parlerais de tolérance et d'humanité...de quelque chose d'universel.
Plusieurs fois, je me suis dit en les voyant, en les entendant que ce qui leur arrivait, les réflexions qu'ils partageaient pouvaient rebondir sur d'autres situations, apportaient un regard nouveau sur d'autre chose. C'est une histoire où il est question d'engagement et de choix, de liberté aussi. Après, il y aura sûrement d'autres lectures, on y met chacun de nos projections. Quand je suis sortie de la salle, une dame disait à une autre: "mais quand même, comment ils ont pu ne pas réagir et finalement se faire tuer?". C'est étonnant comme je n'ai pas la même vision des choses. Quand on est menacé, est-on responsable de la menace? Quand pour se protéger on doit aller à l'encontre de ses valeurs, de ses engagements, est-ce que l'on doit se protéger coûte que coûte? Même si je parlais d'universalité, je crois que les réponses sont individuelles. Ces hommes-là en tout cas sont décrits comme étant conscients des dangers, inscrits dans le pays qui les accueille et libres, quelqu'en soit le prix.