...Humeurs, Critiques, Etats d'Ame, Passages, Madeleines et autres Fruits de Mavie...
Le meilleur est sans doute pour la fin.
Je reçois un jour l'appel d'une assistante bossant pour la télé, une grande chaîne privée qui s'intéresse à nos temps de cerveaux disponibles. Elle m'apprend que pour une émission (que je ne connais pas), ils aident les gens qui se sont faits arnaqués ou bien qui ont eu un malheur type une catastrophe climatique, à reconstruire leurs maisons. C'est sympa, non? C'est plein de sentiments, dis donc? C'est vraiment pas intéressé comme démarche, d'en avoir fait une émission, hein?
Donc pour cette émission irréprochable niveau compassion, on me propose, à moi, de donner un coup de main solidaire pour des personnes de la région arnaqués par un méchant vilain.
Le plus drôle, c'est peut-être le moment où mon interlocutrice me dit qu'ils font appel à plein de gens car ils sont en retard sur le planning prévu.
Ils ont eu mes coordonnées par le centre du volontariat.
Je suis restée assez conne avec ce coup de fil. C'est en raccrochant que la colère est montée. Depuis quand une entreprise privée cherche des bénévoles? Depuis toujours, je sais, on est d'accord mais depuis quand c'est devenu en quelque sorte banal, anodin? J'ai loupé un épisode?
Je voulais intitulé ces billets "devenir bénévole: une solution au chômage?" mais je ne l'ai fait car je trouvais ça raccoleur. Mais quand même des fois la question se pose...Après les stagiaires, les bénévoles semblent devenir la panacée pour construire, vendre, ou se faire des sous. J'ai entendu au cours de l'été le résumé d'un rapport international dont j'ai complètement zappé les coordonnées qui disait que la situation de l'emploi des jeunes dans le monde étaient extrêmement préoccupante. En clair, ce rapport alertait sur le fait qu'à ne favorisant pas davantage l'accès des jeunes à l'emploi, il y avait un risque qu'une grande partie de la génération des vingtenaires ne connaissent même pas le monde du travail et du coup s'en détournent pour les années à venir.
Edit : billet écrit il y a plus d'un mois et depuis la lecture du bouquin de Florence Aubenas et d'autres qui continuent de me faire halluciner. Tout ça me met vraiment en colère. Je continue à me dire que c'est pas normal, même si je suis impuissante à faire plus.
Edit2 : Même si je parle de l'emploi des jeunes en fin de billet, la précarité n'a pas d'âge (comme le montre encore Florence Aubenas, d'ailleurs). J'espère juste pouvoir continuer à témoigner et à dire ma colère ou juste à me souvenir pour ne pas laisser dire que ces choses là sont acceptables, ordinaires, banales voire ont toujours existé...