Effluves alcoolisées à l'arrêt de bus. La jeune femme perd patience, s'énerve.
De la conversation avec son copain et une autre femme que j'imagine employée à l'hôpital, je comprend qu'elle cherche du pain. On est au beau milieu d'une zone universitaire, là où nous a mené le métro, attendant le bus pour l'hôpital.
"Mais enfin, trouver une boulangerie, c'est quand même pas le bout du monde!!"
La jeune femme continue à s'énerver, accusant tour à tour les gens qui l'ont mal renseignée sur le lieu où elle pourrait acheter du pain. Le ton monte car elle accuse l'autre jeune femme de s'être trompée elle aussi. Son copain l'aide à se calmer.
Le bus arrive.
Notre chercheuse de pain monte demander au chauffeur s'il s'arrête près d'une boulangerie.
"Non".
Perdue dans mes soucis, je suis restée spectatrice de la curieuse scène. Une idée me vient cependant en montant dans le bus. Juste avant de prendre le métro, je me suis achetée une baguette pour le petit dej et pour caler un peu ma faim de fin d'après-midi. J'en ai pris un bout et je ne sais pas pourquoi mais j'ai de suite regretté de l'avoir achetée. Je l'ai mise dans mon sac avant de partir vers l'hôpital où je visite un proche.
Je demande à la jeune femme si c'est du pain qu'elle cherche. Elle me demande si je sais où est la boulangerie.
Je lui tend ma baguette.
Elle me fait la bise.
Elle a pas mal bu, parait désorientée et son geste me touche.
Je pense que c'est réciproque. Sur le trajet de bus, elle viendra discuter avec moi, m'expliquer qu'ils ont fait les courses pour aller voir un copain mais ont oublié le pain.
Pour me remercier, elle me donnera elle aussi quelque chose : une petite boite d'ap***cube. Je n'aime pas trop mais elle, elle adore. C'est donc quelque chose de précieux qu'elle me donne pour l'avoir dépannée et du coup qui ne peut pas être refusé.
Quand je rentre à l'hôpital, je me sens un peu plus légère.