Un dimanche au Marais,
rendez-vous pris dans le quartier,
je ne suis pas seule.
Les trottoirs sont bondés, les gens se pressent,
le Marais "gay", le Marais juif, chacun s'y affaire.
Un clin d'oeil appuyé, quelques confidences échangées,
je ne suis pas seule.
Il pleut, entrer dans un café,
s'assoir, se réchauffer, parler.
Se rappeler de choses importantes, oubliées,
Soupirer, se taire.
Je ne suis pas seule.
Dehors, on revient ailleurs.
Un fallafel spécial,
une rondelle d'aubergine imbibée d'huile parfumée.
Je prends le temps de savourer...
et j'en profite pour récupérer
Je ne suis pas seule.
L'heure des retrouvailles arrivent,
avec elles mon anxiété.
Des souvenirs échangés
à la terrasse d'un autre café.
Il fait froid, avons-nous changés?
Oui. Mais.
Je ne suis plus seule.
J'avais (re-)découvert le quartier
par une journée dorée,
aspirée dans mes pensées,
je m'étais sentie bien.
J'ai quitté le Marais
après avoir décliné mon identité,
mes rêves, mes projets...
Au fil des immeubles dorés,
j'ai tracé mes sentiers.
Je ne suis plus seule.
Me reste le goût des fallafels.