Dimanche 28 novembre 2010
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Argh...45 jours déjà sans activité ici et voilà les encarts publicitaires qui me rappellent à l'ordre!Non je ne
laisserai pas ce blog en jachère surtout si il se trouve envahi par de la pub!
45 jours qui ont filé, une vie façon accélérée...mais toujours pas de boulot. En tout cas pas du boulot pour lequel j'ai repris
mes études et me suis formée récemment. Me revoilà donc à retourner à mon boulot d'avant avec beaucoup de précarité et tout et tout...
Par hasard l'autre soir (en vrai j'avais commencé à bosser très très tôt et mon cerveau était trop embrumé pour s'activer à autre
chose), je suis tombée sur un reportage d'"Envoyé spécial" sur les chômeurs heureux, le "fun
unemployment" ou quelque chose comme ça. Différents portraits illustraient la chose et on a même eu droit à un avant/après puisque les présentatrices nous ont donné des nouvelles des personnes
rencontrées.
Je m'attendais à un reportage sur le nouveau rapport au travail avec la massivité du chômage, les personnes qui ne souhaitent plus
travailler et autres (comme cela avait été plutôt traité dans "Attention danger travail!" de Pierre Carles).
Bon, en même temps, j'ai bien exprimé mon état de fatigue et ça devrait justifier, il me semble, ma naïveté.
Ca a donc commencé par le portait d'une femme de 48 ans qui suite à son licenciement avait cherché en vain un travail de façon
active, il va sans dire, pendant 3 ans. Elle avait reçu moultes lettres de refus et exprimait ceci: si le marché du travail ne veut pas de moi, en fait, moi non plus je ne veux pas de lui...Elle
aurait pu écrire des lettres de non-motivation. Elle a choisi de vivre sobrement et d'être active auprès d'une association de chômeurs.
Les autres situations m'ont laissé dubitative et la conclusion du reportage allant dans le même sens aussi.
Il semblerait en effet que la conclusion à tirer des personnes qui essaient d'investir leur temps à autre chose que de quémander
un emploi dans une période ultra-compétititve est qu'elles ne le feraient que pour passer le temps en attendant de revenir dans la vie active! Et bien oui, un gens normal, ça travaille!
Tout ça après des portraits de personnes, entre autres 2 jeunes femmes, qui avaient ouverts un blog pour l'une et pris un boulot à
temps partiel pour l'autre, tentant de démontrer qu'en prenant le bon côté des choses, on a plein de temps pour faire plein de trucs quand on est au chômage. D'où le côté "chômeurs heureux" et
tout ça.
Oui mais.
Je connais autour de moi, des personnes qui ont pendant leur période de chômage ont fait démarrer un projet, se sont investies
dans une asso, bien sûr que ce temps-là peut être exploité et qu'il manque souvent quand on est salarié.
Mais moi, cette année au chômage, j'ai eu l'impression de ne rien avoir le temps de faire. De ne pas pouvoir faire de break par
manque de sous. De ne pas pouvoir me projeter à plus d'une semaine car il pouvait y avoir un entretien d'embauche.
Mon rapport avec le travail était plutôt jusqu'à présent de me dire qu'il fallait pas perdre sa vie à la gagner et que quitte à
travailler, je voulais un boulot où je me sente investie, qui m'intéresse réellement. J'ai pu gérer des périodes de chômage moins longue de façon plus sereine, soit parce qu'elle intervenait
après des périodes de gros stress au boulot soit car ça m'ouvrait de nouveaux possibles, de nouveaux rêves, d'ailleurs, d'autre chose...
Aujourd'hui je me rends bien compte que la façon dont le fait de ne pas en avoir m'obsède de façon inquiétante. J'ai mis tant
d'énergie dans ma formation en reprise d'études, dans ma recherche jusqu'à présent! J'ai du mal à devoir renoncer, je ne veux pas me faire une raison. Le monde du travail via les formes de
recrutement que j'ai découvert me fait bondir. Ou vomir. Des convocations inopinées pour des entretiens du jour au lendemain et une réponse, quand il y en a des semaines plus tard. Des postes
pourvus par relation. Un nombre de candidats tellement important pour le nombre de postes que les exigences deviennent énormes. Jusqu'à où aller? Qu'accepter?
Oui, il y a des chômeurs heureux, ceux qui ne subissent pas la situation qui peuvent encore faire des choix soit car ils ont
des soutiens soit car ce n'est qu'une période transitoire. Moi, je ne sais plus. ça me rend négative et amère. Je déteste les gens qui sont en CDI. C'est pas
vrai. Mais je me dis qu'il y a vraiment un monde entre ceux qui ont à chercher du boulot et les autres. Et pas qu'une question de temps libre.